L'Australie conclut le second round à la Cour internationale de justice

 Le Japon ne parvient pas à justifier la taille de ses échantillons de « pêche scientifique », ni même pourquoi il a besoin de tuer des baleines.

L'Australie a conclu son second tour de plaidoiries dans l'affaire de la chasse à la baleine dans l'Antarctique devant la Cour internationale de justice en rappelant à la Cour que même le propre expert du Japon n'arrive pas à appuyer les arguments japonais pour la chasse scientifique à la baleine.

Nombre de documents et transcriptions relatifs à l'affaire « Chasse à la baleine dans l’Antarctique (Australie c. Japon ; Nouvelle-Zélande (intervenant)) » sont disponibles en ligne.

L'affaire est en préparation depuis trois ans et l'Australie n'a négligé aucune piste pour présenter les preuves qui démontrent, pour elle, que la chasse scientifique à la baleine menée par le Japon dans le Sanctuaire baleinier des mers australes est en fait une chasse commerciale pratiquée au mépris du moratoire de la Commission baleinière internationale sur la chasse commerciale à la baleine et de ses décisions sur l'établissement du sanctuaire.

Bien sûr, cette pile de documents contient des arguments juridiques arides. Mais c'est loin d'être exclusif. Pour vous en donner un aperçu, voici un extrait des conclusions de l'Australie. Il y est question de l'absence totale de justification par le Japon de la taille de ses échantillons, dans le cadre des déclarations du professeur Philippe Sands, le mercredi 10 juillet au matin. Le Pr Sands fait référence au Pr Lars Walløe, un scientifique norvégien qui a comparu comme expert pour le Japon. Le témoignage du Pr Walløe est accablant pour le Japon. 

« Vous l'avez vu [le Pr Boyle, représentant le Japon] par vous-mêmes, gesticulant devant la Cour, proclamant qu'“aucun d'entre nous ne comprenait”. Il espérait peut-être recevoir le soutien du Pr Walløe [le scientifique norvégien appelé à témoigner par le Japon], mais au moment où le Pr Boyle est arrivé à la barre, les avocats avaient été largués par leur expert… » 

« … "Je ne sais pas vraiment comment ils ont calculé la taille des échantillons", a déclaré le Pr Walløe à la Cour. Vous avez donc le choix : d'un côté de la salle, le consensus ; les 63 membres du Comité scientifique, le Pr Mangel, le Dr Gales [le Dr Gales est membre de la délégation australienne, le Pr Mangel est un témoin appelé par l'Australie], le Pr Walløe, tous d'accord sur l'absence de toute explication sur la base de la taille des échantillons présentés dans la proposition JARPA II. De l'autre côté, complètement isolé, le Pr Boyle qui brandit un carnet en vous affirmant sans sourciller et avec un aplomb admirable : “Je n'ai pas la moindre idée” de ce que tout cela signifie. M. le Président, voilà la concession la plus mémorable que j'ai jamais entendue dans un tribunal. »

« …Interrogé sur les hypothèses émises par le Japon pour capturer 50 rorquals communs et 50 baleines à bosse sur une période de 12 ans, plutôt que 6 ans pour les baleines de Minke, il a simplement déclaré : “Je n'ai jamais aimé la proposition sur les rorquals communs”. Vous aurez perçu le frémissement de l'autre côté de la salle lorsque ces mots ont franchi ses lèvres. Pour ajouter à l'angoisse, il a ensuite déclaré : “La proposition sur les baleines à bosse présente des difficultés”. Il a enfin affirmé que sans connaître les hypothèses sur lesquelles le Japon s'appuyait, les bases statistiques de l'approche japonaise étaient “inutiles”. C'est le mot qu'il a employé en anglais : “worthless”. Est-ce que les choses auraient pu être pires, se demandera-t-on ? Eh bien, la réponse est oui. Lorsqu'on lui a demandé s'il pouvait donner une explication scientifique au choix d'une période de 12 ans pour les rorquals communs et les baleines à bosse, contre 6 ans pour les baleines de Minke, il a répondu de manière tout aussi claire et dévastatrice : “Non”. »

Vassili Papastavrou

Pour plus d’informations sur les efforts que nous consacrons en faveur de la suppression de la chasse à la baleine à des fins commerciales, rendez-vous sur la page Internet de notre campagne.

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