La vie d'un animal n'a pas la même valeur pour tout le monde

Lorsqu'elle est en jeu, la mission du Fonds international pour la protection des animaux est de sauver la vie des animaux.

Parfois, il faut pour cela envoyer notre équipe Sauvetage d'animaux mener un travail incroyablement fatigant et difficile ; parfois, nous sommes obligés de nous concentrer non pas sur la manière dont nous sauvons la vie d'animaux, mais de nous rappeler pourquoi nous sauvons des animaux.

On pourrait se demander à quoi bon s'expliquer : est-ce que ce n'est pas évident ? Pour beaucoup, il n'est pas évident de comprendre pourquoi nous voulons sauvegarder la vie des animaux et c'est là que la question de leur valeur intervient.

Dans le monde d'aujourd'hui, pratiquement tout, y compris la vie, a une valeur économique.

Malheureusement, c'est de plus en plus vrai pour les espèces sauvages.

Au « conseil d'administration de la vie », il y a un autre groupe qui se préoccupe de la valeur éthique ou morale de la protection des espèces sauvages ; pour beaucoup de personnes qui participent à ce « conseil », il est naturel de vouloir protéger les espèces sauvages, et aucune explication n'est nécessaire.

Chez IFAW, nous pensons que les espèces sauvages ont une valeur intrinsèque.

Nous pensons que notre manière de traiter les animaux reflète notre propre humanité.

Les équipes du Kenya Wildlife Service dans l'un des véhicules de transport financés par IFAW.

La semaine dernière au Kenya, notre équipe a rencontré des personnes qui ont expliqué pourquoi elles voulaient protéger les animaux ; à vrai dire, leurs raisons ne coïncident pas toujours exactement avec ce qui motive notre mission. Cependant, chaque acteur joue un rôle crucial pour le succès de notre travail et c'est là que réside la complexité.

Toute entreprise politique nécessite des compromis ; travailler à sauver les espèces sauvages d'Afrique est une tâche éminemment politique, mais il y a une frontière que l'altruisme ne peut pas franchir.

Cette frontière, c'est la conviction que la faune sauvage n'a qu'une valeur économique et que sans cette valeur prouvée, les espèces sont pour ainsi dire en faillite et doivent être liquidées, comme n'importe quel élément sans valeur d'un bilan.

Cela ne veut pas dire que nous refusons de croire que la faune sauvage puisse représenter une valeur économique, par exemple via les safaris d'écotourisme et les emplois qu'ils créent. Mais prétendre qu'il n'y a pas d'autre valeur que le prix de chaque tête est une position extrême qui, à nos yeux, ignore le contexte général.

Les éléphants d'Amboseli veulent se déplacer, les touristes veulent les suivre, les hôteliers veulent servir les touristes, les Masaï veulent profiter des animaux qui traversent leur territoire, le Kenya Wildlife Service veut empêcher les braconniers de tuer les animaux tout en gagnant assez d'argent dans le parc pour financer leur protection, les entrepreneurs veulent trouver le moyen d'exploiter les ressources naturelles tout en conservant le tourisme comme moteur de la croissance du pays, les braconniers veulent tuer tout ce qu'ils peuvent, la population continue à s'accroître et le territoire disponible continue à rétrécir.

Est-ce que j'ai oublié quelque chose ?

Chacun des acteurs de ce paysage complexe accorde une valeur différente à cet éléphant qui traverse la plaine pour se rendre au marécage.

Notre réussite dépend souvent de notre capacité à reconnaître de manière respectueuse que tout le monde n'est pas d'accord sur la valeur que nous attribuons à la préservation des espèces sauvages.

Nous cherchons un terrain d'entente autant que possible, mais nous affrontons les difficultés quand il le faut.

L'idée qu'un monde vidé de ses espèces sauvages soit acceptable est inadmissible pour nous.

Nous n'imaginons même pas que nous pourrions nous retrouver dans un monde où la valeur intrinsèque des espèces sauvages en liberté n'existerait pas.

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Céline Sissler-Bienvenu, Directrice France et Afrique francophone
Directrice France et Afrique francophone
Dr. Cynthia Moss, IFAW Elephant Expert
IFAW Experte éléphants
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James Isiche, Directeur régional Afrique de l’Est
Directeur régional Afrique de l’Est
Directeur du programme Éléphants, Directeur régional Afrique australe
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Peter Pueschel, Directeur Accords internationaux sur l'environnement
Directeur Accords internationaux sur l'environnement
Vivek Menon, Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW
Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW