La Chine répond à l’appel mondial pour la protection des éléphants et détruit 6 tonnes d’ivoire

Sur ces photos prises par l’équipe d’IFAW, les douaniers chinois se préparent à détruire les stocks d’ivoire illégal saisi à Guangzhou, en Chine.

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Il y a quelques mois de cela, j’assistais à la destruction de stocks d’ivoire du gouvernement américain à Denver, exhortant par la même occasion les autres pays à lui emboiter le pas.

A Guangzhou, les autorités chinoises ont répondu à cet appel et viennent de détruire plus de six tonnes d’ivoire confisqué pour sensibiliser les citoyens du monde entier sur l’ampleur du trafic d’espèces sauvages, un geste à haute valeur symbolique.

Voir aussi sur IFAW.org : Faites nous part de vos préférences quant à la protection animale en 2014

Ces destructions d’ivoire à tous les échelons du trafic, des pays d’approvisionnement aux pays de destination, mettent en lumière les quantités de défenses d’éléphants et de produits dérivés introduits clandestinement sur le marché ainsi que le massacre de dizaines de milliers d’éléphants qui en découle.

Au cours des deux dernières années, avant que les États-Unis ne détruisent leur ivoire, les Philippines, le Kenya et le Gabon avaient déjà brûlé et/ou broyé leurs propres stocks. Bien que l’appel ait été lancé à Denver, personne ne savait quel serait le prochain pays à s’impliquer dans la protection des éléphants. Qu’elle ne fut pas notre surprise d’apprendre dès lors que la Chine, pourtant considérée comme le plus gros consommateur de « l’or blanc », a décidé de détruire une partie de ses stocks d’ivoire.

Je suis extrêmement fier des membres de notre équipe d’IFAW Chine. Ils ont réalisé un travail remarquable pour porter nos valeurs lors de cet évènement financé par le gouvernement, aux côtés de représentants de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), de l’Organisation mondiale des douanes et de l’Ambassade des États-Unis en Chine.

Ensemble, nous rappelons aux braconniers, aux trafiquants et aux consommateurs du monde entier que le massacre des éléphants est un acte cruel et contraire à l’éthique, et que la consommation de leur ivoire est à la fois immorale et illicite.

Les destructions d’ivoire ont en outre des répercussions très concrètes.

Une fois détruit, l’ivoire ne risque plus de repartir sur le marché et d’inciter par là-même au braconnage des éléphants. Si ces six tonnes d’ivoire détruites ne représentent qu’une infime fraction de la totalité de l’ivoire saisi, ces destructions d’ivoire publiques témoignent néanmoins d’une prise de position collective à la fois contre la criminalité faunique et en faveur de la préservation de ces animaux majestueux dans la nature.

Cet évènement ouvre la voie à d’autres mesures importantes qui seront bientôt prises dans le monde pour endiguer la criminalité faunique. Le Parlement européen votera ce mois-ci une résolution pour mettre en place un plan d’action européen contre le trafic d’espèces sauvages. En février, la France détruira trois tonnes d’ivoire, tandis que Londres tiendra une semaine plus tard un sommet réunissant 50 pays concernés par le trafic d’espèces sauvages.

Depuis des décennies, IFAW fait campagne contre le braconnage des éléphants, qui alimente le commerce de l’ivoire. Le massacre des éléphants pour leur ivoire a atteint des proportions inquiétantes. Rien que l’an dernier, on estime que plus de 35 000 éléphants ont été tués en Afrique.

Les populations africaines de pachydermes diminuent de plus de 11 % par an à cause du braconnage, ce qui compromet leur survie, d’après un rapport récent de l’ONU. Le Dr Jane Goodall avait elle aussi sonné l’alarme dans un article posté sur le site IFAW.org au moment de la destruction d’ivoire américaine.

Outre le massacre des éléphants qu’il implique, le trafic d’ivoire affecte aussi les hommes, compromettant parfois la sécurité de communautés entières.

Avec la traite humaine, le trafic de drogue et la vente d’armes illégales, la criminalité faunique (dont le trafic d’ivoire est une caractéristique majeure) se place parmi les crimes internationaux les plus graves et les plus dangereux au monde. On estime qu’il génère 19 milliards de dollars US par an, comme l’indique le rapport d’IFAW récemment mis à jour : « La nature du crime : répercussions du commerce illicite d’espèces sauvages sur la sécurité mondiale ».

IFAW œuvre sur tous les maillons de la chaîne du trafic d’ivoire, en participant aux destructions d’ivoire, en formant des rangers anti-braconnage, en coopérant avec INTERPOL et en ayant participé à la création du projet « Partenariat pour sauver les éléphants » de la Fondation Clinton.

Nous pouvons travailler ensemble pour mettre fin à ce fléau. J’espère que d’autres pays continueront sur cette lancée et organiseront la destruction de leurs stocks de produits dérivés d’espèces sauvages dans les années à venir.

Azzedine Downes

Lisez le rapport d’IFAW, « La nature du crime : répercussions du commerce illicite d’espèces sauvages sur la sécurité mondiale »

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