La chasse au phoque commerciale ouvre, toujours sous perfusion de l'État

La chasse au phoque commerciale ouvre, toujours sous perfusion de l'État
Lundi, Avril 14, 2014
Toronto

Après plus de 30 ans passés à essayer de réhabiliter la chasse au phoque commerciale, laquelle a déjà absorbé plus de 50 millions de dollars d'aides publiques, les chasseurs canadiens reprennent du service en 2014 malgré l'absence de débouché.

« Voilà 20 ans que cette chasse perdure uniquement grâce aux subventions. On ne reviendra jamais aux niveaux atteints par le passé. Quand les gouvernements d'Ottawa et de Saint-Jean se tourneront-ils enfin vers l'avenir en aidant les chasseurs à abandonner ce métier obsolète et à se reconvertir ? », s'interroge Sheryl Fink, Directrice du programme Phoques d'IFAW au Canada.

Pendant ce temps, le gouvernement canadien s'obstine à dilapider des millions de dollars pour obtenir gain de cause dans le cadre du différend commercial international qui l'oppose à l'Union européenne. Débouté en première instance, le Canada a fait appel du jugement. Selon Sheryl Fink, « les Européens ne veulent pas d'un produit issu d'une industrie inhumaine, inutile et excessivement onéreuse. À quoi bon s'efforcer de leur imposer quelque chose dont ils ne veulent pas ? »

Chiffres clés :

  • Le nombre total de prises autorisées a été fixé à 400 000 pour 2014. Toutefois, il s'agit d'une limite purement théorique. Cette année encore, les prises resteront largement en deçà de ce chiffre.
  • Le nombre total de prises au cours des dernières années s'est élevé à 89 030 en 2013, 69 139 en 2012, 40 370 en 2011 et 69 101 en 2010.
  • Les chasseurs s'intéressent en premier lieu à la peau des phoques, parfois aussi à leur graisse. Si l'on en croit les chiffres de 2011, 90 % de la viande de l'animal mort est ainsi abandonnée sur la glace. En 2013, c'était le cas pour la totalité des carcasses, d'après les informations du gouvernement canadien.
  • 71 % des Canadiens estiment anormal que la chasse au phoque commerciale bénéficie d'une aide de l'État, selon plusieurs sondages d'opinion.
  • Les trois-quarts des habitants de Terre-Neuve sont favorables à l'octroi de subventions pour aider les chasseurs à se reconvertir, et la moitié des chasseurs se disent prêts à changer d'activité si le gouvernement les y aide.
  • Un habitant de Terre-Neuve sur cinq s'oppose à la chasse au phoque, et ils sont 71 % à douter de son intérêt dans la mesure où elle ne subsiste que grâce aux subventions publiques.
  • Carino, dernière entreprise de traitement des peaux de phoque encore en activité, a bénéficié ces deux dernières années de plusieurs prêts de la part du gouvernement canadien, à hauteur de plus de 7 millions de dollars. Elle se finance désormais auprès d'établissements de crédit privés.
  • IFAW ne s'est jamais opposé à la chasse Inuit ni à la chasse de subsistance sur l'île de Terre-Neuve.
  • En dépit de la dérogation à l'embargo de l'UE dont bénéficient les produits issus de la chasse au phoque des communautés indigènes (l'animal est dans ce cas utilisé dans sa totalité), le gouvernement canadien n'a jamais rien fait pour fournir aux populations Inuit les outils nécessaires pour distinguer leurs produits.
  • Le Groenland, au contraire, est en mesure de vendre des peaux de phoque issues de la chasse de subsistance au sein de l'UE, car son gouvernement a mis en place un système d'étiquetage.

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