L’UNEA s’engage à éradiquer la criminalité faunique, ouvrant la voie à l’avènement d’un monde meilleur pour les animaux

120 ministres et délégués ministériels ont qualifié le braconnage et le commerce illicite de faune sauvage de crime grave lors de la réunion de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, qui s’est déroulée à Nairobi, au Kenya, du 23 au 27 juin.J’étais pour le moins sceptique en me rendant à la réunion de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, qui s’est tenue à Nairobi (Kenya) du 23 au 27 juin.

Je savais bien évidemment que le commerce illicite d’espèces sauvages était au sommet de l’agenda politique international, mais craignais que les pourparlers n’abordent que l’exploitation du charbon de bois et d’autres plantes en voie de disparition telles que « le bois de rose, le prunier d’Afrique ou encore l’acajou sauvage », ignorant complètement le sort des animaux.

Fort heureusement, la conférence a fait la part belle à la protection de la faune sauvage.

Je n’ai pu réprimer un sentiment de fierté lorsque j’ai été chaleureusement accueilli par certains hauts représentants des Nations unies. Ces derniers m’ont en effet signifié leur soutien à IFAW qui, il y a plusieurs années déjà, alertait les gouvernements sur les répercussions du trafic d’espèces sauvages et ses implications avec le crime organisé.

J’ai également eu l’honneur de m’entretenir en personne avec le Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner, manifestement ravi de voir que les menaces pesant sur la faune sauvage et leurs habitats sont enfin au cœur des préoccupations des plus hautes instances politiques mondiales.

Nous espérons tous deux que cet événement marquera le début d’une coopération internationale promouvant l’avènement d’un monde meilleur pour les animaux et les hommes.

La participation à l’UNEA a cette année battu des records, rassemblant des délégations de haut vol représentant pas moins de 160 États membres des Nations unies, États observateurs et acteurs clés issus de différents secteurs. Les 120 ministres et délégués ministériels ont ainsi qualifié le braconnage et le commerce illicite de faune sauvage de crime grave, exhortant la prise de mesures concrètes pour y mettre un terme et en faire une priorité dans l’agenda politique mondial.

Comme j’étais l’un des deux seuls représentants des parties prenantes non gouvernementales, j’ai été convié à m’exprimer lors de la conférence des ministres.

Insistant sur la nécessaire durabilité écologique et biologique des mesures de conservation et de développement durable, j’ai pu aborder la question du traitement éthique de la faune sauvage et du principe de précaution, en vertu duquel les organes politiques ne disposant pas de preuves scientifiques suffisantes pour prouver le bien-fondé d’une mesure doivent faire preuve de prudence pour réduire ou éliminer tout risque de porter atteinte aux personnes, aux animaux ou à l’environnement.

Bonne nouvelle, de plus en plus de représentants gouvernementaux osent sortir des rangs pour promouvoir une protection renforcée de la faune sauvage et un traitement plus éthique des animaux. L’ambassadeur kenyan du PNUE l’a illustré de façon éloquente la semaine dernière, soulignant combien il était cruel et inhumain de tuer un éléphant et de lui arracher les défenses.

Le fait que la conférence se tienne à Nairobi a également contribué à son succès : le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, qui a conclu l’assemblée avec ces mots : « [nous sommes] prêts pour la prochaine étape cruciale du développement humain », a adopté samedi dernier une lionne orpheline de six mois à l’orphelinat du Kenya Wildlife Service.

L’adoption de cette petite lionne, baptisée « Tumaini » (« espoir » en kiswahili), est un geste symbolique fort.

La perte de biodiversité affecte naturellement les populations d’animaux sauvages, mais est également extrêmement préjudiciable aux humains. Violations des droits humains et environnementaux, dégradation des écosystèmes et des ressources économiques dans les milieux ruraux, menaces sur la sécurité nationale, impact sur les communautés locales et les commerces basés sur la faune sauvage… Le braconnage et le commerce illicite de faune sauvage ont d’énormes répercussions économiques, sociales et environnementales, sapant notamment la gouvernance et la responsabilisation des pays et l’application effective des lois.

Surtout, le trafic est souvent synonyme d’extrême cruauté.

Je ne me fais aucune illusion : il faudra beaucoup de temps et de négociations avant que le monde n’adhère à cette approche holistique.

Cependant, la grande majorité des délégués se sont engagés à combattre et à éradiquer les crimes liés à la faune sauvage, notamment en appliquant avec rigueur les accords et règlements internationaux et en se focalisant sur l’adoption de mesures efficaces.

Lentement mais sûrement, l’opinion publique se rend compte que les animaux sont des êtres conscients et sociaux qui ne méritent pas de souffrir de la sorte.

Nombre de délégués s’accordent à dire que la naissance de l’UNEA marque une avancée historique dans l’engagement de la communauté mondiale à vivre en harmonie avec la nature et à faire le choix de la durabilité écologique.

Pour que cela se concrétise, l’UNEA doit prouver qu’elle n’est pas un nouveau feu de paille. Tous les gouvernements doivent faire en sorte que leurs engagements se traduisent immédiatement par des actions claires, efficaces et de grande ampleur. C’est à ce prix que nous pourrons d’ici quelques années nous féliciter de cette première réunion de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement et de son rôle dans notre combat pour faire de cette planète un meilleur endroit pour les animaux et les hommes. 

Peter Pueschel

Pour en apprendre plus sur les campagnes et le travail législatif menés par IFAW pour protéger les animaux, consultez notre page dédiée à l’action politique.

Post a comment

Nos experts

Directeur général
Directeur général
Céline Sissler-Bienvenu, Directrice France et Afrique francophone
Directrice France et Afrique francophone
Directeur régional, Moyen-Orient et Afrique du Nord
Directeur régional, Moyen-Orient et Afrique du Nord
Dr. Maria (Masha) N. Vorontsova, Directrice Russie et CEI
Directrice Russie et CEI
Grace Ge Gabriel, Asia Regional Director
Directrice régionale Asie
Isabel McCrea, Directrice régionale Océanie
Directrice régionale Océanie
Jeffrey Flocken, Directeur régional Amérique du Nord
Directeur régional Amérique du Nord
Kelvin Alie, Directeur du programme Commerce d'espèces sauvages
Directeur du programme Commerce d'espèces sauvages
Peter Pueschel, Directeur Accords internationaux sur l'environnement
Directeur Accords internationaux sur l'environnement
Tania McCrea-Steele, Responsable des campagnes et du respect de l'application de
Responsable des campagnes et du respect de l'application des lois, IFAW Royaume-Uni
Vivek Menon, Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW
Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW