Journal de Bali : un chient meurt, un autre survit

Aujourd’hui, j’ai vu le chien le plus malade de toute mon existence. Son état était tel que j’étais réellement étonnée qu’il soit encore en vie

Nous avons repéré ce chien alors que nous roulions sur une des artères principales de Bali. Comme je l’ai dit dans mon article précédent, il faut s’attendre à de nombreux arrêts quand Janice, qui travaille pour BAWA (Association pour le bien-être des animaux de Bali), est au volant. À l’affût du moindre chien malade, blessé ou affamé, elle s’arrête devant chaque animal qui semble avoir besoin de soins urgents. Elle transporte de la nourriture à l’arrière de sa fourgonnette et est en liaison permanente avec l’ambulance vétérinaire de BAWA.

Mais de toute évidence le cas de ce chien était au-delà du désespoir.

Le chien de Bali qui est mort ce jour-là.

Il avait littéralement la peau sur les os. Sa fourrure avait largement disparu, et sa peau sèche et épaisse était couverte de sarcoptes et d’acariens. Janice lui donna un peu de nourriture, mais il n’avait plus la force de relever la tête pour se nourrir. Il fallut qu’elle place la nourriture juste devant sa gueule pour qu’il puisse la manger. Rapidement, nous nous sommes rendu compte qu’il ne pouvait bouger ses pattes arrière. Comme si la faim et la maladie ne suffisaient pas, ce chien avait été renversé par une voiture, aux dires de l’épicier du coin.

Un vétérinaire fut appelé dans les minutes qui suivirent. Nous sommes restés auprès du chien à regarder passer les voitures. Certaines ralentissaient pour voir ce que nous faisions à côté de ce chien à l’agonie, et s’étonnaient plus de notre présence que du chien lui-même. À Bali, les chiens malades ou blessés sont monnaie courante sur le bord des routes, et nombre d’autochtones n’y prêtent même plus attention.

Le vétérinaire est arrivé sans tarder et nous a clairement fait savoir que l’euthanasie était encore la solution la plus charitable pour cet animal. « Je te souhaite plus de chance dans ta prochaine vie » a déclaré Janice. Le chien est mort sans souffrance quelques minutes plus tard.

Comme nous retournions à la fourgonnette, je saisis une caisse contenant un petit chiot blanc et bagarreur que nous avions sauvé le matin même, et je le pris sur mes genoux.

Kate (Directrice du programme animaux de compagnie d’IFAW) et moi avions également trouvé ce chiot sur le bord d’une route. Il était famélique et n’avait presque plus de poils, attaqué qu’il était par la gale et d’une puanteur insoutenable.

Nous l’avions recueilli alors que nous étions en chemin pour une réunion avec les responsables politiques locaux, après avoir visité un village où les équipes de vaccination œuvraient pour endiguer la rage. Kate proposa qu’on l’appelle Fred, et ainsi fut fait.

« Fred » dans sa caisse.

Frightened and unused to being handled, Fred had squealed when he was taken from the road and placed into a box. But once he was in the van, he happily sat in his box and munched away on what was likely the best meal he’d ever had.

Apeuré et peu habitué à être manipulé, Fred avait couiné quand nous l’avions ramassé et placé dans sa caisse. Mais dès qu’il fut à l’intérieur de la fourgonnette, il se lova gentiment dans sa niche improvisée et mâchonna le meilleur repas de sa vie.

Bien que sa caisse ne fût pas beaucoup plus grande que son corps minuscule, Fred s’y blottit après son repas et se mit à dormir. Il dormit durant tout le trajet puis durant toute la réunion, et continua de sommeiller paisiblement alors que nous roulions et que nous prenions soin du chien agonisant. Après une heure, je remontai dans la fourgonnette pour constater qu’il n’avait pas bougé et qu’il se reposait, repu, dans la fraîcheur agréable de la fourgonnette.

Les chiots indésirables sont un problème majeur à Bali. Si les chiots ne sont pas tués en bas âge, ils sont jetés à la poubelle ou abandonnés. Sans personne pour les soigner et les nourrir, ils ont toutes les chances de finir comme les deux chiens que nous avons rencontrés aujourd’hui. Heureusement pour Fred, nous avons pu le secourir à temps. On m’a dit qu’il fallait trois semaines à un chiot comme Fred pour se refaire une santé et être prêt pour l’adoption.

Désormais, il récupère à la clinique de BAWA pour commencer une nouvelle vie.

Quant à l’autre chien, il semble que la vie ait été bien injuste avec lui. Aucun animal ne devrait avoir à endurer autant de souffrances. Mais s’il n’a pas eu de chance dans cette vie, et si le Karma existe, je pense et j’espère que sa prochaine vie sera remplie d’amour et de gentillesse.

– HL

 

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Manager du programme Interventions d’urgence
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