Journée mondiale des éléphants 2014 : l’heure n’est pas qu’aux réjouissances

Journée mondiale des éléphants 2014 : l’heure n’est pas qu’aux réjouissances
Lundi, Août 11, 2014
Le Cap - Afrique du Sud

Jusqu’à présent cette année, nous n’avons pas encore connu une seule semaine sans saisie d’ivoire, « et ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg » souligne le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW).

« Chaque saisie d’ivoire implique le massacre d’éléphants quelque part dans le monde, principalement en Afrique. Il s’agit toujours de pays gangrénés par la pauvreté et l’instabilité politique, permettant aux braconniers et aux réseaux de trafic d’opérer impunément », ajoute Jason Bell, Directeur du programme Éléphants d’IFAW.

« Les amoureux des animaux du monde entier se préparent à célébrer la journée mondiale des éléphants, le 12 août. Il convient cependant de rappeler que nous n’avons pas connu de semaine sans saisie plus ou moins importante d’ivoire depuis le début du mois janvier. Pas moins de 35 000 éléphants meurent chaque année pour alimenter le trafic. »

« En l’espace de sept mois, nous avons constaté la saisie de plus de 10 tonnes d’ivoire dans le cadre d’opérations dites de grande envergure – ces saisies de plus de 500 kilogrammes qui selon INTERPOL, l’organisation internationale de coopération policière, indiquent l’implication de réseaux de crime organisé », explique Jason Bell. « Ce chiffre n’inclut donc pas les multiples autres saisies de moins de 500 kilogrammes. »

En janvier dernier, le Togo a intercepté quatre tonnes d’ivoire, sa plus grosse saisie à ce jour. On estime que le pays compte moins de 200 éléphants sauvages sur ses terres, mais qu’il est devenu une plaque tournante majeure pour l’exportation de marchandises de contrebande depuis l’Afrique. Le Cambodge a pour sa part saisi trois tonnes d’ivoire en mai dernier, effectuant par là-même la plus grosse confiscation de son histoire. La marchandise était stockée dans des conteneurs naviguant entre la Malaisie et le Cambodge, un itinéraire majeur du trafic d’ivoire.

D’autres saisies considérables ont été effectuées, notamment à Mombasa, au Kenya, où 2,1 tonnes ont été interceptées début juin, et à Hong Kong, où 790 kilogrammes provenant d’Angola avaient été dissimulés dans des bagages s’envolant pour le Cambodge.

La majeure partie de l'ivoire de contrebande est destinée à l'Asie, et en particulier à la Chine, où cet «or blanc» tant convoité a connu une augmentation considérable de sa valeur en tant que véhicule d'investissement. La disponibilité limitée de l'ivoire légal acheté par la Chine lors de la vente de stocks de certains pays d'Afrique australe en 2008 a quant à elle suscité la demande, encourageant ainsi le commerce illicite de l'ivoire et le braconnage des éléphants pour répondre aux besoins du marché.

IFAW salue toutes ces saisies d’ivoire mais insiste sur le fait qu’elles ne suffiront pas à freiner le trafic.

« Pour stopper le braconnage des éléphants et le trafic d’ivoire, les gouvernements doivent absolument coopérer avec des agences telles qu’INTERPOL et les organisations policières d’autres pays. Sans cela, ils ne pourront identifier ceux qui tirent les ficelles et qui tirent profit du trafic d’ivoire ni faire le nécessaire pour réduire leur champ d’action. »

« Il faut absolument se consacrer à l’élaboration de stratégies visant à endiguer le massacre de ces magnifiques créatures », prévient-il.

L’avenir des éléphants ne s’annonce pas des plus radieux, mais l’implication de la communauté internationale dans la conservation des éléphants est indéniable selon Jason Bell.

« Les gouvernements, les forces de l’ordre et la société civile n’ont jamais été aussi concernés par la nécessité d’une coopération étroite pour mettre un terme au massacre des éléphants. »

« Jusqu’à présent, quatre pays (la Chine, la France, le Tchad et la Belgique) ont détruit leurs stocks d’ivoire. Diverses institutions telles que la CITES ont exhorté 11 pays supplémentaires, amenant le total à 19, à élaborer des plans pour protéger les éléphants et endiguer le trafic d’ivoire. Des organisations comme IFAW nouent des partenariats avec des institutions influentes telles que la Fondation Clinton dans le but de travailler avec les dirigeants africains “pour arrêter le massacre, le trafic et la demande” et sauver les éléphants », poursuit Jason Bell.

Et de conclure : « Sur le terrain, IFAW forme les forces de l'ordre à la prévention du trafic d'espèces de faune sauvage dans de nombreux pays d'Afrique, du Moyen-Orient, d'Asie, d'Océanie et des Caraïbes. Nous travaillons aussi en collaboration avec le programme de lutte contre la criminalité de l’environnement d’INTERPOL. »

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