Hong-Kong brûle une première partie de son stock d'ivoire

Jeudi, Mai 15, 2014
Le Cap, Afrique du Sud

Hong-Kong va détruire aujourd'hui une première partie de son stock de 30 tonnes d'ivoire de contrebande. Le reste partira en fumée au cours des deux prochaines années.

L'ivoire sera incinéré au Centre de traitement des déchets chimiques de Tsing Yi. Les médias, plusieurs dignitaires du gouvernement chinois, le Secrétariat de la CITES et des groupes de défense de l'environnement assisteront à cet événement exceptionnel.

« Lorsque Hong-Kong, véritable plaque tournante du trafic d'ivoire illégal vers la Chine, décide de détruire ses stocks, la volonté du gouvernement de mettre fin à la contrebande et au commerce illicite de l'ivoire ne fait plus aucun doute. La destruction des stocks envoie également un message fort aux consommateurs : dans la mesure où l'ivoire est issu du braconnage et du massacre des éléphants, l'existence même du commerce d'ivoire pose problème », soutient Grace Ge Gabriel, Directrice régionale Asie d'IFAW (Fonds international pour la protection des animaux).

Le hasard a voulu que cet événement intervienne quelques jours seulement après que le Cambodge a annoncé, le vendredi 9 mai, avoir confisqué trois tonnes d'ivoire illicite dissimulées dans un conteneur censé renfermer des haricots dans le port de Sihanoukville.

Les autorités ont refusé de divulguer l'origine et la destination prévue de cette cargaison.

« La saisie par le Cambodge d'une quantité aussi considérable d'ivoire ne fait que souligner l'étendue du problème et l'importance de l'évènement qui a lieu aujourd'hui », insiste Grace Ge Gabriel.

Le week-end dernier, lors d'une visite officielle au Kenya, le Premier ministre chinois Li Keqiang a proposé l'aide de son pays en vue d'enrayer le braconnage dont est victime un nombre croissant d'éléphants et de rhinocéros, notamment par un accord visant à financer l'équipement des forces de lutte contre le braconnage.

La majeure partie de l'ivoire de contrebande est destinée à l'Asie, et en particulier à la Chine, où cet « or blanc » tant convoité a connu une augmentation considérable de sa valeur en tant que véhicule d'investissement. La quantité limitée d'ivoire légal acheté par la Chine lors de la vente de stocks de certains pays d'Afrique australe en 2008 a, quant à elle, suscité la demande, encourageant ainsi le trafic de l'ivoire et le braconnage des éléphants pour répondre aux besoins du marché.

En détruisant ses stocks d'ivoire, Hong-Kong, région administrative spéciale de la Chine, rejoint les rangs des pays ayant d'ores et déjà broyé ou brûlé leurs stocks d'ivoire saisi, à savoir le Kenya, le Gabon, les Philippines, les États-Unis, la France et la Belgique. En janvier, la Chine continentale a également détruit 6,1 tonnes d'ivoire de contrebande.

Près de 35 000 éléphants seraient braconnés en moyenne chaque année par les braconniers pour leur ivoire. Le commerce illicite d'espèces sauvages est estimé générer 19 milliards de dollars par an, ce qui en fait l'une des activités illégales les plus lucratives au monde à l'instar du trafic de drogues, de contrefaçons et le trafic d'êtres humains.

« Plus de 41 tonnes d'ivoire de contrebande ont été saisies en 2013, soit la plus grande quantité confisquée en 25 ans. Loin d'être exceptionnelles, les saisies dépassant les 800 kilos sont désormais la norme », déplore Grace Ge Gabriel.

Selon elle, c'est la volonté farouche de l'opinion publique de voir cesser le massacre des pachydermes et l'intensification des activités de contrebande qui sont à l'origine de ce changement de cap des dirigeants internationaux en faveur de la protection des éléphants.

Tous ceux qui d'une manière ou d'une autre contribuent au commerce de l'ivoire, des braconniers aux consommateurs avides de colifichets en ivoire en passant par les trafiquants, ont sur les mains le sang des éléphants et des rangers morts pour les protéger. Si nous voulons sauver les éléphants, nous devons nous attaquer à chaque maillon de cette chaîne, en faisant cesser à la fois le massacre, le trafic et la demande. »

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