Focus sur l’Inde : éléphants recherchent famille d’accueil de toute urgence

Tous les petits éléphanteaux se portent à merveille et continuent de chercher sans relâche un troupeau qui voudra bien les accueillir. Une tâche plus ardue qu’il n’y parait !

Cela fait bientôt trois mois que nos cinq éléphanteaux ont rejoint le parc national de Manas. Parmi eux, Philip, qui est arrivé une semaine après les autres. 

Ils se portent tous à merveille et continuent de chercher sans relâche un troupeau qui voudra bien les accueillir. Mais la tâche s’avère plus ardue que prévu !

Anjan Sangma, notre biologiste de terrain, nous relate aujourd’hui les péripéties de deux d’entre eux, Philip et Tora.

Une pluie torrentielle s’abat sur le Manas depuis maintenant 15 jours, compliquant encore un peu plus notre travail de suivi des cinq éléphanteaux.

Jakhala, Rani et Diphloo se sont séparés du groupe et évoluent désormais en solitaire. Les signaux émis par leur collier-émetteur et les observations de terrain prêtent à penser qu’ils se sont dispersés dans le parc au cours des dernières semaines.

Philip et Tora ont pour leur part préféré rester ensemble. Le 19 juin dernier, ils ont été aperçus sur une île du fleuve Beki par des gardes forestiers, et ils y sont restés pendant les trois jours suivants. À l’aube du quatrième jour, nous avons compris que les éléphanteaux étaient coincés sur l’île, piégés par la montée des eaux.

Sous l’œil attentif de nos gardes, Philip a fait le grand saut : bravant les courants du fleuve Beki, il a finalement réussi à rejoindre le camp de Sundari sur la rive sud.

Sous l’œil attentif de nos gardes, Philip a fini par se jeter à l’eau : il a traversé la rivière et a rejoint le camp de Sundari au sud, échappant ainsi à un destin tragique.

Tora a pour sa part décidé de rester sur l’île. Un choix pour le moins inquiétant, car les pluies continuaient de faire monter le niveau de l’eau, immergeant inlassablement chaque parcelle de l’île.

Le lendemain, nous avons donc loué un bateau pour nous approcher de Tora et nous assurer qu’aucune blessure ne l’empêchait de traverser la rivière. À notre grand soulagement, Tora semblait en parfaite santé : elle était juste un peu moins intrépide que son compagnon d’aventure. Pendant les deux jours qui ont suivi, nous avons donc essayé de la pousser à se jeter à l’eau, en vain.

Malheureusement, l’eau continuait de monter, et évacuer l’éléphante était désormais inévitable.

Une équipe composée d’une vingtaine de personnes, parmi lesquelles des membres du Département des forêts (dont Prabhat Basumatary, ancien vétérinaire d’IFAW-WTI), notre équipe IFAW-WTI et des villageois, a donc été mobilisée pour porter secours à l’éléphante le 26 juin. Nous avons quadrillé l’île et fini par localiser un rivage où les eaux étaient plus clémentes.

Nous avons guidé Tora jusque-là et l’avons harnachée au bout d’une corde, parvenant finalement à lui faire traverser la rivière en la tractant à l’aide d‘un bateau à moteur.

Nous sommes restés près des deux éléphants toute la nuit avant de les relâcher dans la nature. Nous avons également pris le soin de les équiper d’un nouveau collier radio-émetteur pour pouvoir les surveiller plus longtemps.

Nous sommes restés près des deux éléphants toute la nuit avant de les relâcher dans la nature. Nous avons également pris le soin de les équiper d’un nouveau collier radio-émetteur pour pouvoir les surveiller plus longtemps.Un troupeau d’éléphants ayant été aperçu non loin, nous espérions que les petits éléphanteaux, que nous avons élevés au centre, rejoindraient leurs semblables à l’état sauvage.

Malheureusement, cela ne s’est pas concrétisé : particulièrement hostile, l’un des éléphants du troupeau s’est vite empressé de les chasser. Mais ce n’est que partie remise : les deux éléphanteaux, loin de se laisser décontenancer, ont continué de suivre le troupeau et ont disparu dans les profondeurs de la forêt.

Pour le Dr Bhaskar Choudhury, Directeur régional d’IFAW-WTI pour le nord de l’Inde, il n’est pas impossible qu’un troupeau sauvage repousse les deux éléphanteaux aux confins du parc.

« Les éléphanteaux mettent en œuvre tous les mécanismes de survie à leur disposition pour s’adapter à leur nouvel environnement. Il leur faudra plusieurs années pour parvenir à s’y intégrer parfaitement, au prix sans doute de quelques échecs. Nous espérons qu’ils finiront néanmoins par rejoindre un troupeau. De notre côté, nous essayons de leur donner toute les chances de survie en assurant un travail de surveillance et en intervenant lorsque cela est possible et nécessaire, comme nous l’avons fait pour Tora », a-t-il précisé.

Sheren Shrestha

Pour plus d’informations sur les projets de protection des éléphants menés par IFAW,  veuillez visiter notre page de campagne.

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Directeur du programme Éléphants, Directeur régional Afrique australe
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