Fin de la chasse à la baleine : une course de fond plutôt qu’un sprint !

À Sydney, retourner au travail début janvier n'a rien de désagréable, bien au contraire. C’est une période source d'inspiration, de recentrage et de concentration. Heureusement pour moi, j'ai pu recharger mes batteries pour entrer de plain-pied dans cette nouvelle année, car plus de 500 nouveaux articles de presse consacrés à la chasse à la baleine m'attendaient dans ma boite de réception. En cause,  le début d'un conflit dangereux et coûteux que l'on ne présente plus, qui voit s’affronter chaque année les adeptes de cette chasse et ses opposants.

Donc nous y voilà à nouveau : les baleiniers japonais sillonnent le Sanctuaire de baleines de l’océan Austral et s'emploient à tuer le quota annuel de baleines qu’ils se sont auto-attribués, en dépit des lois internationales et des condamnations émanant du monde entier. La chasse bat son plein, et à la fin de la saison toute la flotte s’en retournera au Japon pour stocker la viande des baleines tuées, puisque plus personne n'en mange. Pour un pays dont l'économie peut difficilement se permettre de soutenir une industrie aussi moribonde, voilà qui est véritablement illogique.

Nous pourrions passer des heures à chercher un sens à ces actes,  mais ne gaspillons pas toute l’énergie de cette nouvelle année. Nos méthodes ne recevront probablement pas la même attention de la part des médias que celles d’autres organisations, mais nous poursuivrons sans relâche le même objectif : mettre fin à la pratique cruelle et dépassée de la chasse commerciale à la baleine.

Cette bataille s'apparente à un marathon qui aurait débuté il y a des années de cela, mais la ligne d'arrivée est en vue. La constance de la pression internationale, renforcée par la baisse de la demande en viande de baleine, commence enfin à porter ses fruits.

Nous sommes persuadés que la décision de mettre fin à la chasse à la baleine finira par être adoptée dans les hautes sphères du pouvoir japonais. Afin d’amener le Japon à prendre cette décision, nous agissons sur le terrain auprès de la population locale et des décisionnaires. Nous fournissons aux responsables politiques des preuves scientifiques et économiques tangibles que la chasse commerciale à la baleine est une industrie cruelle et mourante, qui n’a plus sa place dans nos sociétés modernes. Nous encourageons également la population locale à protéger son environnement marin et à soutenir les projets responsables d’observation des baleines. Il s’agit là d’une alternative humaine et durable à la cruauté de la chasse à la baleine, et d'une précieuse source de revenus pour les communautés côtières.

Le gouvernement australien continue d'être en première ligne dans la lutte contre la chasse à la baleine. Nous pensons que le recours déposé par l’Australie devant la Cour internationale de Justice contre le programme de chasse à la baleine du Japon a de bonnes chances d'aboutir. Le processus est lent, mais nous espérons qu’un jugement rapide de la Cour permettra d’éviter de futures saisons de chasse à la fois sanglantes, coûteuses et dangereuses.

Les solutions durables n’apparaissent pas du jour au lendemain, mais nous progressons. Cela suffit à nous persuader que nous finirons par gagner la bataille, et que les baleines seront sauvées. Au cours des prochains mois, nous continuerons à vous faire partager notre travail au Japon. Rien tout cela ne serait possible sans ceux et celles qui nous soutiennent. Avec vous, bientôt, nous franchirons la ligne d’arrivée.

MC

Post a comment

Nos experts

Dr. Maria (Masha) N. Vorontsova, Directrice Russie et CEI
Directrice Russie et CEI
Dr. Ralf (Perry) Sonntag, Directeur national Allemagne
Directeur national Allemagne
Isabel McCrea, Directrice régionale Océanie
Directrice régionale Océanie
Représentante d’IFAW au Japon
Représentante d’IFAW au Japon
Patrick Ramage Directeur du programme Baleines
Directeur du programme Baleines
Robbie Marsland, Directeur régional, Royaume-Uni
Directeur régional, Royaume-Uni