Crise du braconnage et le commerce d’ivoire : l’USFWS, l’État de New York et les ONG de conservation tirent la sonnette d’alarme

Crise du braconnage et le commerce d’ivoire : l’USFWS, l’État de New York et les
Vendredi, 19 Juin, 2015
New York, NY

Les États-Unis ont détruit plus d’une tonne d’ivoire illégal saisi lors d’opérations menées par le Département américain de gestion de la flore et de la faune (USFWS) et l’État de New York

Défenses, bibelots, statues, bijoux et autres objets décoratifs en ivoire ont ainsi été broyés à Times Square devant plusieurs milliers de personnes. Le message est clair : les États-Unis ne toléreront plus la criminalité liée aux animaux sauvages qui menace d’extinction l’éléphant d’Afrique et de nombreuses autres espèces dans le monde entier.

Organisé au « carrefour du monde », cet événement public très médiatisé a été mis sur pied par le Département américain de gestion de la flore et de la faune (USFWS), en partenariat avec la Wildlife Conservation Society (WCS), le New York State Department of Environmental Conservation (NYDEC) et le Sénateur de l'État de New York Brad Hoylman. Certaines des principales organisations de conservation des animaux sauvages se sont également associées à l’événement, comme l'African Wildlife Foundation, la Humane Society of the United States, IFAW (Fonds international pour la protection des animaux), le Natural Resources Defense Council (NRDC) et le Fonds mondial pour la nature (WWF).

John Calvelli, Vice-président exécutif chargé des affaires publiques à la Wildlife Conservation Society, a déclaré : « La destruction de l’ivoire à Times Square, véritable « carrefour du monde », envoie un message clair : les États-Unis ont la ferme intention de fermer les marchés d’ivoire de contrebande et de stopper la demande. Nous saluons le travail du Département américain de gestion de la flore et de la faune et du New York State Department of Environmental Conservation dans la lutte contre ce commerce tragique qui coûte la vie à 96 éléphants par jour en Afrique. »

Peter Lehner, Directeur exécutif de NRDC, affirme : « De nombreux Américains ne se rendent pas compte que leur pays est l’un des principaux marché d’ivoire du monde, ni que l’épicentre de ce trafic se trouvait jusqu’il y a peu ici même à New York. La destruction de l’ivoire qui a eu lieu aujourd’hui, doublée de l’adoption de lois strictes à l’échelle nationale et fédérale visant à endiguer le trafic de l’ivoire, montre clairement l’intention des États-Unis de ne pas prendre part à ce commerce si dévastateur pour les animaux sauvages. »

Patrick Bergin, Directeur général de l’African Wildlife Foundation, déclare : « En détruisant l’ivoire à Times Square, l’un des lieux les plus célèbres du monde, nous offrons à la crise qui touche les éléphants la visibilité qu’elle mérite. Chaque destruction d’ivoire, chaque loi au niveau national ou fédéral soutenant l’interdiction du commerce d’ivoire, prouve que les États-Unis ont l’intention de mettre un terme définitif au trafic de l’ivoire. »

Et Azzedines Downes, Directeur général d’IFAW, de renchérir : « Peu importe où il a lieu, le commerce d’ivoire est une menace pour les éléphants où qu’ils soient. Les destructions d’ivoire aux États-Unis et dans le reste du monde témoignent de la solidarité des pays dans la lutte pour la protection des éléphants. En nous joignant à l’USFWS dans cette destruction publique, nous marquons notre engagement à sauver les éléphants et à mettre un terme au trafic d’ivoire. »

Iris Ho, Responsable de programmes sur la faune sauvage de la Humane Society International, division internationale de la Humane Society of the United States, ajoute : « Cette destruction d’ivoire ressemble tristement à un dernier hommage aux éléphants massacrés. C’est également une belle occasion de rallier l’opinion publique à la cause des éléphants et d’inviter les citoyens à rejeter la consommation d’ivoire. L’engagement sans compromis de l’administration américaine à l’avant-garde de la lutte contre le massacre insensé des éléphants et la réduction de la demande d’ivoire est source d’espoir. Serons-nous la génération qui sauvera les éléphants ou celle qui assistera à leur disparition ? Car c’est bien de la survie des éléphants et du patrimoine naturel de notre génération dont il est question. »

Carter Roberts, Président et directeur général du Fonds mondial pour la nature, commente : « Les États-Unis envoient aujourd’hui le message clair qu’ils ne toléreront plus la criminalité faunique. Les éléphants d’Afrique disparaissent à vue d’œil et la situation appelle des mesures draconiennes. Le mois dernier, la Chine, autre gros consommateur de produits dérivés de la faune sauvage, a annoncé son intention de mettre un terme au commerce de l’ivoire. Les États-Unis doivent lui emboîter le pas de toute urgence. »

Les défenses brutes et sculptées et les statuettes en ivoire ont été détruites par un concasseur industriel devant une foule à laquelle s’était notamment jointe Sally Jewell, Secrétaire à l’Intérieur des États-Unis. Cette cérémonie symbolique marque la dernière initiative en date de l’administration Obama pour endiguer l’offre et la demande d’ivoire, qui alimentent le braconnage et les réseaux de contrebande d’animaux sauvages dans le monde entier.

La cérémonie de Times Square fait suite à la destruction de six tonnes d’ivoire de contrebande dans le Colorado en novembre 2013. Depuis lors, neuf gouvernements ont détruit publiquement leurs stocks d’ivoire. Des campagnes visant à réduire la demande aux États-Unis et ailleurs et à renforcer les lois internationales et leur application ont permis de donner une grande visibilité au problème du trafic d’animaux sauvages sur la scène internationale.

Une bonne partie de l’ivoire détruit à Time Square provenait d’une saisie effectuée dans la boutique de Victor Gordon, à Philadelphie, en Pennsylvanie. Cet antiquaire et collectionneur a été condamné en 2014 par un tribunal fédéral à 30 mois de prison et à 157 500 dollars (140 000 euros) d’amende pour avoir introduit illégalement de l’ivoire d’éléphants d’Afrique sur le territoire américain. Cette saisie d’ivoire d’éléphant est l’une des plus importantes de l’histoire des États-Unis. Le reste de l’ivoire broyé est issu d’opérations menées par le NYDEC. Du fait de son caractère illégal, cet ivoire ne pouvait être réintroduit sur le marché américain.

Le braconnage des éléphants a atteint des niveaux jamais vus depuis des décennies, surpassant désormais le taux de reproduction de l’espèce et faisant rapidement décliner la population. S’il n’est pas mis un terme au massacre illégal et inhumain des éléphants, des rhinocéros et d’autres animaux, ces créatures emblématiques disparaîtront probablement à l’état sauvage d’ici quelques décennies.

Les éléphants d’Afrique font partie des espèces considérées comme « menacées » par l’Endangered Species Act (loi américaine sur les espèces menacées d’extinction) ; une pétition a circulé cette année pour faire passer leur statut à « en danger ». Les éléphants sont également protégés par l’African Elephant Conservation Act (loi américaine sur la conservation de l’éléphant d’Afrique). Le commerce de ces animaux et de leurs parties est réglementé par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), un accord mondial dans le cadre duquel les États-Unis et 180 autres nations œuvrent à protéger les espèces menacées.

Bien qu’une partie de l’ivoire d’éléphant d’Afrique (notamment les trophées de chasse légaux et d’autres objets à destination non commerciale répondant à des exigences bien précises) puisse être importée, les États-Unis interdisent l’importation commerciale de l’ivoire et réglemente le commerce national d’ivoire brut et de produits en ivoire. Le gouvernement fédéral étudie actuellement des moyens de renforcer les leviers de contrôle du commerce de l’ivoire d’éléphant. Les États de New York et du New Jersey ont pour leur part déjà mis en œuvre des législations strictes pour interdire la vente d’ivoire. D’autres États tels que la Californie envisagent d’adopter à leur tour des lois en ce sens.

Au mois de juillet 2013, le président Barack Obama a signé un décret-loi visant à lutter contre le trafic d’animaux sauvages. Celui-ci prévoyait d’établir un groupe de travail interagences chargé de mettre sur pied une stratégie nationale de lutte contre le trafic d’animaux sauvages. Aidé par un conseil d’experts en la matière, le groupe de travail a accouché d’une approche interagences solide articulée autour de trois objectifs clés : le renforcement de l’application des lois, la réduction de la demande d’animaux sauvages vendus illégalement et l’amélioration de la coopération internationale.

En matière de renforcement de l’application des lois, cette stratégie s’est récemment concrétisée par le développement de la présence à l’étranger des services américains chargé de la protection de la faune sauvage : mobilisation à temps plein d’agents en Thaïlande et mutation imminente de personnel au Pérou, au Botswana, en Tanzanie et en Chine. La collaboration entre les organisations de conservation, les agences gouvernementales, les organisations privées et les communautés locales permet en outre de soutenir le travail de protection et de gestion des espèces d’animaux sauvages sur le terrain. Cela se traduit notamment par des patrouilles anti-braconnage renforcées, la surveillance des animaux et de leurs territoires, la gestion des habitats naturels, les initiatives communautaires et d’autres programmes de conservation.

 

Wildlife Conservation Society (WCS) : MISSION : WCS sauve les animaux sauvages et leur habitat dans le monde entier par le biais de la science, d’actions de conservation, de l’éducation et de la sensibilisation à la préservation de la nature. VISION : WCS veut un monde où les animaux sauvages puissent prospérer dans des écosystèmes terrestres et aquatiques sains, un monde où les sociétés donnent à la diversité et à l’intégrité de la vie leur juste valeur. Depuis son siège situé dans le zoo du Bronx, WCS a déployé un programme de conservation mondial qui œuvre dans plus de 60 pays et dans tous les océans, ainsi que dans les cinq parcs naturels de New York, qui voient défiler 4 millions de visiteurs par an. WCS s’appuie sur son expérience sur le terrain, dans les zoos et les aquariums pour mener à bien sa mission de conservation. Retrouvez-nous sur www.wcs.org et suivez-nous sur Twitter : @thewcs

L'African Wildlife Foundation : Fondée en 1961, l'African Wildlife Foundation (AWF) est un organisme de conservation majeur œuvrant uniquement sur le continent africain. Les programmes et les stratégies de conservation de l’AWF s'appuient sur des fondements scientifiques solides et s’articulent autour de deux principaux objectifs : protéger la vie sauvage et les ressources naturelles d’Afrique et assurer un avenir plus durable aux Africains. Depuis sa création, l'AWF protège les espèces et les habitats menacés, promeut les opérations de conservation profitant aux communautés humaines locales et forme des centaines de citoyens dans le but d'assurer la survie du patrimoine naturel inestimable de l'Afrique. L'AWF est un organisme à but non lucratif dont le siège est situé au Kenya et enregistré aux États-Unis au paragraphe 501 (c) (3). Pour plus d'informations, consultez le site www.awf.org et suivez-nous sur Twitter @AWF_Official et sur Facebook à facebook.com/AfricanWildlifeFoundation.

Le Natural Resources Defense Council (NRDC) est une organisation environnementale internationale à but non lucratif comptant plus de 2 millions de membres et de sympathisants en ligne. Depuis 1970, nos avocats, nos scientifiques et tous nos spécialistes de l'environnement travaillent pour protéger les ressources naturelles mondiales, la santé publique et l'environnement. NRDC possède des bureaux à New York, Washington, Los Angeles, San Francisco, Chicago, Bozeman (Montana) et Pékin. Découvrez notre site www.nrdc.org et suivez-nous sur Twitter @NRDC.

La Humane Society of the United States est la plus grande organisation de protection des animaux des États-Unis, et a été élue organisme de conservation le plus efficace par ses pairs. Nous défendons la protection de tous les animaux depuis plus de 60 ans et nous opposons à toute forme de cruauté. Nous sommes les premiers pourvoyeurs de soins aux animaux des États-Unis, nous prenons en charge plus de 100 000 animaux chaque année. Nous protégeons également des millions d’animaux contre la cruauté via nos campagnes. Pour en savoir plus sur nos 60 ans de combat pour les animaux et les hommes, consultez notre site humanesociety.org.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) est l’une des principales organisations de conservation du monde. Elle œuvre dans 100 pays depuis plus d’un demi-siècle. Soutenue par près de 5 millions de membres à travers le monde, le WWF propose des solutions fondées sur la science pour préserver la diversité et l’abondance de la vie sur Terre, mettre fin à la dégradation de l’environnement et lutter contre le changement climatique. Consultez www.worldwildlife.org pour en savoir plus et suivez notre actualité sur Twitter @WWFNews.

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