Charles Mbao, Commandant de l’Unité spéciale antibraconnage de Zambie, à l’occasion de la Journée mondiale des Rangers

En cette Journée mondiale des Rangers, j’ai eu l’honneur de m’entretenir avec le Commandant Charles Mbao de l’Unité spéciale antibraconnage (SAPU) de la Zambia Wildlife Authority (ZAWA). Une équipe d’IFAW s’est ainsi rendue pendant quelques jours dans le Parc national de Kafue, l’un des plus grands au monde, placé sous la protection du commandant Mbao, d’une équipe incroyablement dévouée de la ZAWA et de nos amis du Game Rangers International.

Le commandant Mbao travaille pour la protection et la conservation de la faune sauvage depuis 25 ans. En tant qu’officier de police spécialisé dans la protection de la faune sauvage et membre de l’Unité spéciale antibraconnage, ce père de quatre enfants patrouille sans relâche dans le parc pour protéger les éléphants, les lions, les antilopes et toutes les autres espèces qui y vivent et appréhender les braconniers.

Ci-dessous, le compte-rendu de notre conversation :

Le commandant Mbao a travaillé à la protection de la vie sauvage et la conservation pendant 25 ans.

Commandant Mbao, tout d’abord, je tiens à vous féliciter en cette Journée mondiale des Rangers. Pouvez-vous nous raconter vos débuts dans cette carrière ?

Merci. Pour être honnête, devenir ranger n’était pas mon rêve d’enfant. Mais je me souviens que lorsque j’étais étudiant, notre école a participé à un concours et notre classe a gagné un voyage au Parc national du Sud Luangwa. C’est là que nous avons vu pour la première fois des lions, des léopards, des éléphants et des girafes. J’étais émerveillé. Les professeurs nous ont appris beaucoup de choses sur leurs comportements et, ce qui m’a le plus frappé, c’est la manière dont tout cet écosystème s’articule en chaîne. Si un maillon vient à manquer, c’est tout le système qui s’effondre. J’ai également compris que l’homme était le maillon le plus destructeur de cette chaîne. C’est comme ça que j’ai commencé à m’intéresser au sujet. Quelques années plus tard, je suis devenu élève officier et tout ce qui avait rapport avec la sécurité m’intéressait. Puis un jour, un voisin m’a informé que le Département des parcs nationaux et de la nature de Zambie recrutait des agents, alors j’ai immédiatement proposé ma candidature. Enfin, en 2000, je suis devenu éclaireur à la ZAWA.

Nous sommes tous très impressionnés par le courage dont vous faites preuve lorsque vous risquez vos vies pour protéger les animaux. Quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confrontés en tant que ranger ?

Je dirais que c’est de savoir que nous ne pouvons être partout à la fois. Nous sommes limités par le peu de ressources dont nous disposons, mais cela ne nous empêche pas de persévérer et de faire de notre mieux pour endiguer le braconnage dans le Parc national de Kafue.

Pendant toutes ces années, pourriez-vous nous dire quelle opération vous a le plus marqué ?

L’année dernière, nous avons eu affaire à un groupe de trafiquants d’ivoire d’éléphant dans le quartier de Kaoma. Nous nous sommes aussitôt fait passer pour des acheteurs afin d’arrêter les criminels. Au beau milieu de l’opération, je me suis aperçu qu’ils avaient eux aussi infiltré nos équipes pour nous espionner et qu’ils étaient probablement sur le point de nous démasquer. L’opération a duré plusieurs jours et la tension était palpable, mais nous sommes finalement parvenus à les attraper. Ils avaient en leur possession plusieurs défenses et nous avons arrêté tous les membres du groupe. L’opération a été un succès, mais j’ai vraiment craint le pire à plusieurs moments.

Connaissant les risques incroyables que cela implique, pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Parce que la nature n’a pas de prix et qu’elle doit être protégée. Protéger la nature est le devoir de tout un chacun ; et nous devons nous rendre à l’évidence : si nous ne faisons rien pour arrêter la crise, c’est toute l’humanité qui en pâtira.

Souhaiteriez-vous que vos enfants prennent la relève ?

J’adorerais. Ma fille aînée s’y consacre déjà en quelques sortes : elle travaille au sein du Département de la pêche. J’aimerais que tout le monde comprenne que l’éducation est centrale dans cette problématique. Si tout le monde s’intéressait aux animaux, à leurs comportements et à leur place au sein de la chaîne alimentaire de notre écosystème, nous ferions tous preuve d’amour et de respect envers la nature.

Michael Booth

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