Un refuge australien se démène pour garder la tête hors de l’eau

au floods

Le mois dernier, l’État de Victoria, en Australie, a été touché par d’importantes inondations, et les eaux ont envahi le refuge pour animaux sauvages de Koonawonga. Kylee Donkers et son équipe ont travaillé sans relâche pendant plusieurs semaines pour réparer les dégâts et répondre aux appels urgents. IFAW (Fonds international pour la protection des animaux) leur a envoyé un don d’urgence pour que le centre puisse acheter une pompe à eau et de la nourriture pour les animaux. Kylee est l’auteur de cet article. –JS

En général, le Dutch Thunder Wildlife Shelter déborde de vie en septembre et l’agitation des nouveau-nés remplit les lieux de gaieté.

Mais cette année, le mois de septembre n’a été qu’une succession d’averses.

Nos volières et nos enclos ont tous été envahis par les eaux et nous avons dû faire tourner cinq à sept pompes à plein régime pour venir à bout des inondations. Heureusement, comme notre maison est surélevée et entourée d’une terrasse, nous avons pu héberger quelques animaux à l’intérieur. Nous avons notamment placé 10 bébés kangourous géants dans le salon, cinq canetons et un kookaburra dans la chambre d’ami et cinq bébés kangourous géants et un bébé kangourou roux sur la terrasse, à l’arrière de la maison.

Face à la montée des eaux, nous avons essayé tant bien que mal de créer des barrages avec du gravier, mais à la neuvième brouette, j’ai compris que nous ne pourrions pas nous en sortir seuls et j’ai donc décidé de lancer un appel à l’aide.

Nos amis proches ont alors accouru pour mettre la main à la patte, accompagnés de quelques volontaires, jusqu’à ce que les services publics d’urgence prennent la relève avec des sacs de sable.

Mais alors que nous pensions être au plus mal, les prévisions ont annoncé de nouveaux caprices : les inondations allaient s’aggraver. Nous n’étions donc pas au bout de nos peines ! Nous allions devoir redoubler d’efforts pour secourir les animaux et maintenir le refuge en bon état.

Nous avons été appelés pour intervenir dans le bush et libérer 20 kangourous géants pris au piège sous une maison envahie par les eaux. Nous avons dû nous y rendre en bateau.

Lorsque nous sommes arrivés sur les lieux, les mères et leurs petits étaient partout.

Les eaux ne cessaient de monter et la nuit commençait à tomber. Il fallait agir au plus vite.

Nous avons alors commencé par secourir les plus petits kangourous en les plaçant dans le camion du propriétaire de la maison, pour qu’ils passent au moins la nuit au sec. Nous reviendrions le lendemain matin, à la première heure, avec tout notre matériel de secours pour endormir les autres kangourous et les évacuer en bateau.

De retour au refuge, le téléphone ne nous a pas laissé de répit. Nous avons reçu un premier coup de fil à 5 h 30 du matin, puis il n’a plus cessé de sonner après cela. Si bien qu’à 11 heures, nous avions déjà reçu 30 appels pour intervenir dans d’autres endroits. Nous avons donc appelé nos amis du refuge de Yarrawonga pour demander des renforts, qui sont aussitôt venus nous prêter main forte. Des kangourous étaient bloqués sur le pont de Cobram Barooga et gênaient la circulation, des oisillons tombaient droit dans les torrents, des koalas étaient bloqués dans les arbres… et on ne comptait plus les kangourous égarés !

Après avoir traité les appels les plus urgents, mon mari James et moi sommes retournés à la maison inondée en bateau. L’eau était glaciale et nous arrivait jusqu’aux genoux. Nous nous sommes d’abord occupés des kangourous les plus jeunes qui se trouvaient dans le camion et les avons endormis puis chargés sur le bateau. Au terme de nombreux et interminables allers-retours, nous sommes parvenus à extirper 23 kangourous et les avons confiés à des collègues qui s’étaient installés dans les hauteurs pour sécher, soigner et réchauffer les animaux rescapés. La plupart étaient en état d’hypothermie. Nous les avons donc placés dans des voitures pour les réchauffer après les avoir examinés.

Malheureusement, quatre kangourous ont dû être euthanasiés et un petit est mort des suites d’une pneumonie, malgré nos efforts pour le soigner. Mais tous les autres ont pu être sauvés et nous les avons remis en liberté près d’un troupeau, une fois réveillés et bien réchauffés. Grâce à notre formidable travail d’équipe, cette opération de sauvetage n’aura duré que six heures !

La journée du 24 octobre n’a pas été moins éreintante. Nous avons reçu des tas d’appels, non seulement pour secourir des kangourous et des wallabies, mais aussi pour récupérer des calopsittes élégantes, des cacatoès rosalbins et des martins-pêcheurs qui s’étaient égarés sur les ponts de Koonoomoo Tocumwal et de Cobram Barooga.

Puis nous nous sommes aperçus que des centaines de kangourous, de wallabies et de koalas s’étaient réfugiés sur les rails du chemin de fer, seulement 15 minutes avant le passage du train ! Nous nous sommes alors rués sur les téléphones pour contacter les agents de sécurité ferroviaire et faire ralentir le train.

Le 28 octobre, tard dans la nuit, je reçois un message de ma belle-sœur qui vit à Torquay. Alertée par un message de « Camping on the Murray River » sur Facebook, elle m’annonce que Kevin, un petit koala, est perché dans un arbre et semble désespéré.

Ulupna est une île immense et, à cause des inondations, nous avons eu beaucoup de mal à localiser Kevin. Nous sommes tout de même partis à sa recherche en bateau.

Comme il ne lui restait plus une feuille à manger sur l’arbre, il s’était attaqué aux branches et à l’écorce.

Mais la question qui nous préoccupait le plus à ce moment-là était de savoir comment nous allions nous y prendre pour le descendre. Qu’à cela ne tienne, le sauveteur a grimpé le plus haut possible et a fini par couper la branche où Kevin était accroché. Je me suis alors hissée hors du bateau en m’agrippant à l’arbre pour le récupérer. Il ne s’est pas beaucoup débattu. Une fois bien installé dans mon sac à koala, je l’ai redescendu dans le bateau et nous sommes rentrés en voiture.

Kevin avait perdu beaucoup de poids et souffrait d’une inflammation aux yeux. Nous lui avons administré un traitement pour soigner ses yeux et lui avons rapporté beaucoup de feuilles d’eucalyptus les jours suivant son sauvetage. Cinq jours plus tard, nous avons pu le remettre en liberté en toute sécurité, loin des zones inondées.

--KD

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