Le nouveau plan climat de Trump conduit l’Amérique à la catastrophe

Le démantèlement du plan d'action de l'administration Obama sur le changement climatique que propose le Président Trump sera un désastre pour le réchauffement de notre planète. Par Mena KamilLe Président Donald Trump a signé mardi 28 mars un décret qui vise à défaire l’héritage environnemental de Barack Obama. Le décret est un renversement radical de la politique fédérale sur le changement climatique, concrétisant la promesse de campagne de Trump qui promettait à l’industrie des combustibles fossiles de réécrire des dizaines de règles majeures en sa faveur, et ce au détriment de milliards de personnes et de pratiquement toutes les espèces vivantes sur Terre.

Les plans de l’administration s'attaquent à de nombreuses initiatives de l’époque Obama. Si le décret passe tel qu’il est proposé, le Clean Power Plan (plan pour une énergie propre), signature de l'effort d’Obama pour l'environnement, serait purement et simplement vidé de sa substance. Les principes directeurs du Conseil d’Obama sur la qualité de l'environnement (énonçant comment les institutions doivent intégrer dans leurs mesures des objectifs environnementaux) seraient remis en cause. Les institutions n’auraient plus l’obligation de justifier des coûts sociaux de la pollution par les gaz à effet de serre, ce qu’un porte-parole de Trump a qualifié de « guesstimate », autrement dit de pure supputation. La location des terrains pour l'exploitation houillère reprendrait en nombre, et la réglementation actuelle sur la fracturation hydraulique pour le gaz naturel serait supprimée. Et la liste continue.

Avec l'avenir de notre planète en jeu, toute la communauté pour la protection de l'environnement se prépare à faire barrage coûte que coûte.

S’il est vrai qu’un grand nombre de ces mesures peuvent être engagées immédiatement, beaucoup d’autres seront contestées devant un tribunal ou devront passer par le processus de publication des projets de réglementation pour commentaires.

Scott Pruitt, le nouvel administrateur de l’Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), a soutenu lors d’une interview sur ABC News, que les mesures iraient « en faveur des emplois autant que de l'environnement ». Rien ne permet de soutenir cela ; même les PDG des compagnies de charbon pensent que leur industrie va vers une mécanisation grandissante, alors que le secteur des énergies renouvelables actuellement en plein essor pourrait être asphyxié par ce nouveau plan. L'affirmation de Pruitt selon laquelle le plan va « en faveur de l’environnement » est dans le meilleur des cas une pensée magique.

Lors des élections de 2016, Salena Zito de The Atlantic a fait remarquer que les adversaires de Trump et « la presse le prennent littéralement, mais pas sérieusement ; ses supporters le prennent sérieusement, mais pas littéralement. » Dans le tourbillon des trois mois de sa présidence, le président a montré que les deux avaient raison, et tort. Celui qui avait alors peu de chances de réussir a remporté la plus haute fonction et il est maintenant très clair que Trump pensait vraiment tout ce qu’il disait quand il parlait de ses objectifs (extrêmement impopulaires) en matière de politique environnementale.

Le Président a déjà abandonné les taxes prévues sur l’exploitation du charbon et le forage pétrolier, autorisé les compagnies du charbon à vider leurs déchets dans les cours d'eau, approuvé l'acheminement des sables bitumineux de Keystone XL et Dakota Access, et fait clairement allusion à la suppression des normes de rendement des véhicules.

Il a nommé des climato-sceptiques pour diriger (et démanteler) l’EPA, le Ministère de l’énergie et autres postes du pouvoir. Donlad Trump lui-même a déclaré que le changement climatique est un canular.

Le décret est extrêmement préjudiciable à la planète, mais il reste une lueur d'espoir, ne serait-ce que par omission : L’accord de Paris sur le changement climatique, l’accord pour l'environnement le plus important du millénaire, n’a pas été abordé. Des fuites au sein de la Maison Blanche parlent de luttes internes à propos de l'accord, opposant une faction modérée menée par le Secrétaire d’État Rex Tillerson et Ivanka Trump contre des climato-sceptiques radicaux comme le conseiller du président Steven Bannon.

La semaine dernière, le Fonds international pour la protection des animaux a envoyé une lettre signée par plus de 50 000 sympathisants exhortant le président Trump à donner à la planète, aux personnes et aux espèces sauvages une priorité plus grande qu’aux bénéfices des entreprises. Avec l'accord de Paris encore en suspens, nous avons besoin de nous mobiliser encore une fois pour faire savoir que les citoyens du monde entier sont horrifiés par ces nouvelles mesures exécutives. S'il vous plaît, joignez-vous à nous en ajoutant votre nom à l'appel pour la justice sur le climat. 

Peter LaFontaine

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