Sept acteurs majeurs du Web s'associent pour lutter contre la cybercriminalité envers les animaux sauvages à l'occasion de la Journée mondiale des éléphants

En cette Journée mondiale de l’éléphant, sept entreprises dont eBay, Etsy, Gumtree, Microsoft, Pinterest, Tencent et Yahoo! s’unissent et adoptent un nouveau cadre réglementaire pour protéger les animaux du commerce en ligne illégal.

IFAW (Fonds international pour la protection des animaux), lutte contre la cybercriminalité liée aux animaux sauvages depuis 2004, et j'ai pour ma part rejoint la cause il y a cinq ans. Depuis cette date, nous avons vu les entreprises s'élever une à une contre ces pratiques et changer leurs politiques. Aujourd’hui nous nous trouvons dans un moment crucial qui nous oblige à faire front commun. Ce cadre réglementaire est un mur solide et inébranlable conçu pour bouter les criminels hors des sites Internet et les empêcher de récidiver sur d'autres plateformes en ligne.

Aujourd’hui plus que jamais, nous nous trouvons dans une situation critique qui nous oblige à faire front commun. Ce cadre réglementaire est un bouclier solide et inébranlable conçu pour bouter les criminels hors des sites Internet et les empêcher de récidiver sur d'autres plateformes en ligne.

Vous vous demandez peut-être pourquoi il est si important que ces entreprises du Web mettent en place des politiques dissuadant les cybercriminels en herbe de se livrer au trafic sur leurs propres sites. Pour que vous puissiez vous en faire une idée, nous avons mené une enquête de six semaines sur 280 sites d'e-commerce à travers 16 pays, et nos recherches ont révélé que plus de 30 000 animaux sauvages menacés et en danger faisaient l’objet de transactions en ligne, qu'il s'agisse d'être vivants ou de parties d'animaux. Le prix total de ces articles a été estimé au bas mot à plus de neuf millions d'euros.

Ces chiffres effarants peuvent vous sembler un brin abstraits, mais faites le calcul vous-même : à une époque où un éléphant est tué toutes les 15 minutes en moyenne pour alimenter cet abject trafic de babioles en ivoire, nous avons trouvé plusieurs milliers de produits en ivoire pendant cette enquête. 32 pour cent des annonces de vente que nous avons trouvées concernaient des produits en ivoire ou suspectés de contenir de l'ivoire (les trafiquants utilisant un langage codé pour le dissimuler).

Certes, ces ventes en ligne ne sont pas toutes illégales, car il est possible de commercialiser des espèces en danger à condition de posséder les permis adéquats, mais peu de vendeurs font état de ces permis et jusqu'à présent Internet a donné à des criminels sans scrupules la possibilité d'accéder à de vastes marchés sans risquer un instant de se faire attraper. 

C'est pour cette raison que nous avons besoin des grandes firmes internationales. Le marché en ligne est si vaste qu'il faut que chacun y mette du sien pour barrer la route aux cybercriminels.

Le message envoyé aujourd’hui par ces entreprises va également contribuer à sensibiliser à la nécessité de réduire la demande pour ces produits en ligne. Ceci est crucial car de nombreux consommateurs ignorent qu'acheter ces animaux ou leurs produits dérivés représente une menace pour leur survie et qu'en participant au trafic d'espèces sauvages, même sans le savoir, ils encourent des sanctions sévères.

Nous sommes conscients que même en changeant leurs politiques ces grandes entreprises du Web ne pourront résoudre le problème d'un simple coup de baguette magique. Nous avons donc travaillé en collaboration avec TRAFFIC et le Fonds mondial pour la nature (WWF) afin de leur venir en aide. Ensemble, nous les aiderons à renforcer leurs politiques. Mais nous aurons également besoin de vous. En tant que consommateurs ou défenseurs de l'environnement, vous serez nos yeux et nos oreilles et vous nous aiderez à détecter les annonces suspectes sur ces sites Internet.

Si les entreprises du Web font partie intégrante de la solution, IFAW continue aussi de coopérer avec les autorités pour s'assurer que les individus qui bafouent la loi soient poursuivis en justice. Quant à IFAW, nous nous chargeons également d'inciter les gouvernements à revoir leurs lois et à les renforcer pour mieux répondre au problème de la cybercriminalité envers les espèces sauvages. Un travail qui semble porter ses fruits, puisque ces derniers mois la Chine et la France ont adopté de nouvelles dispositions pour mettre un frein à ce trafic.

J'ai vu de mes propres yeux les photos d'une salle pleine à craquer de parties d'animaux menacés qu'un annonceur avait mises en vente sur Internet. Ces images me hantent encore. En travaillant main dans la main avec les entreprises du Web, les organisations non-gouvernementales, les forces de l'ordre et les gouvernements, nous sommes déterminés à faire de toutes ces horreurs une histoire du passé.

--TM

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