Éléphants de Zambie : errances sauvages

Chodoba, Batoka et Kafue dans la forêt de Kalenji le 23 décembre dernier. C’est la dernière fois qu’ils ont été aperçus ensemble dans la nature.

C’est un tel plaisir de pouvoir contempler le fruit de son travail, de voir des éléphants orphelins retrouver les étendues sauvages qui les ont vu naître.

Sur les quatorze éléphants pris en charge par le Projet d’orphelinat pour les éléphants (POE) du GRI, qui reçoit le soutien d’IFAW, cinq sont actuellement entrés dans la phase finale de leur réhabilitation. Comme pour tout chez les éléphants, ce processus est graduel : les éléphants s’en vont du centre de remise en liberté de Kafue et y retournent quand ils en ont envie.

Le troupeau des orphelins avec Takifa et Chamilandu.

Le mois de novembre 2015 a marqué une étape importante dans la vie de Tafika qui, du haut de ses sept ans, a décidé de rejoindre le groupe des aînés et a passé de nombreux jours et de nombreuses nuits loin de la sécurité du boma (un grand enclos à l’abri des prédateurs où les éléphants peuvent dormir la nuit). Il est revenu au mois de décembre en compagnie de Chamilandu (9 ans et 10 mois), la matriarche du troupeau, pour rendre visite aux jeunes orphelins et les deux pachydermes ne sont pas repartis depuis. Les trois éléphants les plus aventureux, Chodoba (10 ans et 10 mois), Batoka (7 ans et 10 mois) et Kafue (6 ans et 7 mois) sont restés vivre dans la nature depuis que nous leur avons posé des colliers satellite en octobre dernier.

Depuis que le groupe des aînés s’est formé en 2015, notre équipe surveille leurs déplacements et a pu constater qu’ils ne s’éloignaient jamais les uns des autres. En restant ensemble, ils osent s’aventurer plus loin du centre puisque leur nombre dissuade les éventuels prédateurs. C’est d’autant plus remarquable que ces orphelins sont encore jeunes et n’ont qu’une expérience limitée de la vie en milieu hostile.

 

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Les trois mâles ont été aperçus pour la dernière fois le 23 décembre en train de profiter du retour de la végétation dans la forêt de Kalenji, mais nous pouvons suivre leurs itinérances grâce aux informations GPS que nous recevons tous les jours. Il y a onze jours, l’équipe a d’ailleurs capté des signaux intéressants, qui montraient que Batoka était à environ 30 kilomètres au sud de Chodoba et de Kafue.

Chodoba, Batoka et Kafue en liberté en octobre.

L’équipe de surveillance a décidé d’aller retrouver immédiatement la piste de Batoka. En raison de la végétation dense et du fait que Batoka avait traversé un cours d’eau, les membres de l’équipe n’ont pas réussi à remonter jusqu’à lui. Ils ont néanmoins trouvé ses empreintes parmi celles d’un troupeau sauvage.

Compte tenu du temps passé par Batoka à l’écart des autres orphelins et de l’intérêt qu’il semble porter à l’endroit où il se trouve actuellement, nous avons des raisons de croire qu’il s’est intégré à un troupeau d’éléphants sauvages. Même si nous sommes surpris qu’il ait abandonné la compagnie de Chodoba et de Kafue si rapidement, c’est une étape essentielle qui le rapproche de l’état sauvage et nous ne manquerons pas de surveiller étroitement ses prochains déplacements.

Rachael Murton

 

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