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Histoire de poisson du Canada : les phoques et les stocks de morues

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Il n’existe aucune preuve scientifique selon laquelle l’abattage sélectif des phoques du Groenland produira des avantages mesurables pour n’importe quel de stock de poissons ou pêcherie commerciale.

Au moment de l’effondrement des stocks de morues de l’Atlantique au début des années 90, il était répandu de blâmer les phoques pour « avoir mangé tout le poisson ». Aujourd’hui, des scientifiques – et même la plupart des pêcheurs – s’entendent pour dire que les phoques n’ont pas provoqué l’effondrement des stocks de morues. Tout simplement, la cause en a été la surpêche et les manquements dans la gestion des pêches.

Les phoques et les pêcheries : à la recherche de boucs émissaires

Les humains ont depuis toujours blâmé les mammifères marins, en particulier les phoques et les baleines, pour manger « leurs » poissons. Les raisons sont évidentes : il est toujours plus facile de montrer quelqu’un – ou quelque chose – du doigt plutôt que d’assumer la responsabilité pour la surexploitation et la mauvaise gestion d’une ressource.

Au Canada, les décisions concernant la gestion des mammifères marins sont en fin de compte prises par des politiques et, évidemment, les phoques et les baleines ne votent pas. Au moment de l’effondrement des stocks de morues de la côte est du Canada en 1992, il était répandu de blâmer les phoques, la surpêche par les Européens, l’eau froide et un éventail d’autres facteurs.

Mais, en 1994, deux scientifiques du ministère des Pêches et des Océans en sont venus à la conclusion que « l’effondrement des stocks de morues du Nord est dû uniquement à la surpêche [par les humains] ».

Les phoques font partie d’un écosystème beaucoup plus grand

Les écosystèmes marins sont complexes et nous ne pouvons pas supposer que l’élimination d’une espèce profitera à une autre. Les phoques du Groenland mangent diverses sortes de poissons et d’invertébrés marins, mais un grand nombre d’entre eux n’ont aucune valeur commerciale. De plus, il n’existe aucune preuve scientifique selon laquelle l’abattage sélectif des phoques du Groenland produira des avantages mesurables pour une pêcherie commerciale ou un stock quelconque de poissons.

En fait, dans le cas des phoques, l’élimination de ces derniers pourrait avoir une incidence négative sur le rétablissement des stocks de morues de l’Atlantique étant donné que les phoques mangent aussi les prédateurs de la morue, notamment le calmar. Dans cette situation, une diminution du nombre de phoques du Groenland pourrait entraîner une augmentation du nombre de calmars, ce qui donnerait lieu à une prédation encore plus grande de la morue. De nombreux scientifiques sont maintenant convaincus qu’une diminution de la population de phoques du Groenland pourrait dans les faits causer un préjudice aux pêcheries commerciales.

Le groupe d’experts sur la gestion des phoques a récemment conclu que « la croyance, exprimée par certains intervenants, que la réduction des populations de phoques permettra de restaurer rapidement les pêches est beaucoup trop optimiste : même dans un régime de mortalité ‘normal’, un rétablissement très lent est attendu ». Quel que soit l’avenir de la morue de l’Atlantique, il est peu probable que l’abattage sélectif des phoques ramène les poissons dans un avenir prochain.

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