Voici un témoignage direct de chasseurs de dos bleus recueilli par les agents d’exécution de la loi du ministère de la Pêche et des Océans. On l’a obtenu suite à des demandes d’accès à l’information et il contient des descriptions graphiques d’actes de cruauté envers les animaux.
· Lorsqu’une mère est tuée et que son nouveau-né est abandonné sur la glace, il n’a aucune chance de survivre. Dans tous les cas, le bébé phoque serait lentement mort de faim.
· L’utilisation de carabines de calibre .22 pour abattre les phoques a été interdite pour des raisons de cruauté – les carabines ne sont pas assez puissantes pour tuer rapidement les phoques.
« Avant le 8 mars 1998, la plupart des
femelles étaient tuées enceintes.
...J’ai vu sept bébés être jetés
par-dessus bord après le dépouillement de la femelle. J’ai en jetés deux
moi-même. Un autre chasseur et moi avons convenu que c’était insoutenable et
qu’il devrait y avoir une autre façon de tuer des phoques. Nous étions dans
l’aire de mise bas le 10 mars 1998 parce que j’ai remarqué qu’il y avait, sur
huit des dix radeaux de glace, de jeunes bébés phoques avec les résidus
post-partum et d’autres débris suite à la naissance sur les glaces. Je me
souviens entre autres d’une fois où un jeune phoque regardait ses parents être
hissés à bord. Il les a regardé le bateau qui les emportait s’éloigner. Les
bébés n’ont pas été tués, ils ont été abandonnés sur la glace ».
Déclaration d’un chasseur faite à Fergus
Foley, du ministère des Pêches et des Océans, 10 juin
1998.
« J’ai bien vu
des mères être tuées et leur bébé tomber sur le pont du bateau toujours
vivant.
...(Nom supprimé) m a dit de le jeter par-dessus bord,ce que
j’ai fait. Il est monté sur un radeau de glace. La mère était pleine de lait, le
lait s’est écoulé sur le pont lorsque le petit est tombé ».
Déclaration d’un chasseur de phoque faite à
Cyril Furlong, du ministère des Pêches et des Océans, le 24 juin
1998
« J’étais présent
au moment où des phoques à capuchon femelles ont été dépouillées et j’ai bien vu
des bébés phoques tomber sur le pont.
...Je l’ai vu deux fois et je
sais que cela s’est produit de huit à dix fois lors du premier voyage. Je le
sais parce que j’ai conversé avec les membres de l’équipage. Les deux bébés que
j’ai vus sur le pont étaient vivants. Ils ont été jetés par-dessus bord, et à
une occasion, j’ai vu un de ces petits nager dans l’eau. Je ne sais pas ce qui
est arrivé aux bébés ».
Déclaration d’un chasseur de phoque faite à
Cyril Furlong, du ministère des Pêches et des Océans, le 3 juillet 1998 à 15 h
33.
« J’ai vu une femelle être dépouillée et son
bébé est sorti de son ventre lorsqu’on l’a éventrée. Le petit était
mort.
...Le phoque était mort depuis un bon moment. Ce jour-là, on en
avait attrapé cent soixante-dix. Quelqu’un a dit : « Si seulement Greenpeace
était là pour voir ça ».
Déclaration d’un chasseur de phoque faite à
Cyril Furlong, du ministère des Pêches et des Océans, le 22 jui 1998 à 15
h 15.
« Il est vrai que nous avons pris des phoques
à capuchon femelles et laissé leurs petits sur la glace.
...J’étais
sur le pont lorsqu’un bébé est tombé du ventre d’un phoque à capuchon femelle et
j’ai dépouillé le phoque avec deux autres membres d’équipage. Je ne me souviens
plus qui ils étaient. Le petit était toujours vivant lorsqu’il est tombé. Je
l’ai tué et je l’ai jeté par-dessus bord. »
Déclaration d’un chasseur de phoque faite à
Cyril Furlong, du ministère des Pêches et des Océans, le 6 juillet 1998 à 15 h
51.
« Nous chassions les adultes et, à
plusieurs occasions, nous avons pris les phoques plus âgés et laissé les petits
sur la glace.
...Des phoques à capuchon ont mis bas pendant que nous
les chassions. Il est vrai que nous avons pris des femelles avant qu’elles ne
mettent bas et, à une occasion, j’ai bien vu un phoque tomber sur le pont
pendant que sa mère se faisait dépouiller. Ce bébé était vivant et il a été jeté
par-dessus bord. Il était vivant et il nageait dans l’eau. Il s’est hissé sur la
glace.
Déclaration d’un chasseur de phoque faite à
Cyril Furlong, du ministère des Pêches et des Océans, le 6 juillet 1998 à 11 h
11.
« Mon travail était de
dépouiller les phoques et de me servir du fusil. J’étais présent lorsque le
phoque à capuchon femelle a été dépouillée et que son petit est tombé de son
ventre sur le pont.
...Cela s’est produit huit ou dix fois. Bien des
remarques ont été faites. Par exemple, « Si seulement nous avions une caméra
vidéo, nous ferions une fortune » et « On ne devrait jamais nous permettre
d’aller les tuer ».
« Il est souvent arrivé que les phoques mâles et femelles
soient tués et embarqués sur le bateau et que les petits soient laissés sur la
glace. Parfois, le bébé avait du sang sur lui car il venait à peine de naître.
Nous avons pris environ cinq cent cinquante phoques pendant ce voyage, dont
quatre cents étaient des phoques à capuchon et au moins cent cinquante d’entre
eux étaient des femelles ».
« Les phoques étaient toujours dans un filet dans
l’embarcation à moteur et lorsqu’ils étaient hissés sur le bateau, il y avait
beaucoup de douilles de carabines de calibre .22 parmi les phoques. Souvent, ils
se déplaçaient sur le pont du palangrier. J’ai vu l’observateur Rex Hodder les
ramasser et les jeter par-dessus bord. Il devait savoir que des carabines de
calibre 22 avaient été utilisées. Elles font même un son différent qu’un fusil
de calibre plus élevé. Il y avait même un effort concerté de cacher ces
carabines à Rex Hodder. On les amenait à bord par les évents de la salle des
machines. Dans les deux embarcations à moteur, elles étaient cachées dans des
caisses. Pendant ce voyage, nous avons capturé plus de trois mille phoques. Nous
sommes arrivés autour du 21 avril 1998. Je ne crois pas que les carabines de
calibre .22 soient assez puissantes pour tuer même un brasseur. J’ai souvent vu
des phoques en vie après avoir été hissés à bord des embarcations à moteur. Ils
étaient achevés à l’aide d’un hakapik ».
Déclaration d’un chasseur de phoque faite à
Cyril Furlong, du ministère des Pêches et des Océans, le 24 juin 1998 à 19 h
40
« Nous avons pris toutes
les femelles et laissé les bébés sur la glace.
...Le petit a été
laissé sur la glace après la mort de la mère qui a été amenée au bateau ».
Déclaration d’un chasseur de phoque faite à
Cyril Furlong, du ministère des Pêches et des Océans, le 14 juillet
1998.
« Quelques fois, il
m’a dit de tuer le mâle et la femelle, et d’autres fois de tuer la femelle
seulement. Le petit était toujours abandonné.
...Il me semble qu’il me
disait de tout tuer lorsque les phoques étaient rares. Quelquefois, les phoques
n’étaient pas très vieux parce qu’il y avait du sang à l’endroit où ils étaient
nés. »
« À
la fin de la journée, tout le monde aidait à dépouiller les phoques. Il y en a
deux ou trois qui ont été tirés des femelles lors du dépouillage. Ils ont été
tués et jetés par-dessus bord. Il y a eu beaucoup de discussions à savoir si
cela était la bonne chose à faire. Tout le monde en était conscient
».
« La
meilleure journée que nous avons eue est celle où nous avons tué environ cent
quatre-vingts phoques. Ce jour-là, nous prenions les mâles et les femelles.
C’était vers la fin de notre voyage. Il y avait beaucoup de bébés phoques autour
et ils ont tous été abandonnés sur la glace. Le lendemain, nous avons tué
quelques femelles qui étaient accompagnées d’un mâle et d’un petit
».
« Nous
étions présents tous les quatre lorsque les bébés ont été sortis du ventre des
femelles, (supprimé) était également au courant. Nous avions environ huit cents
phoques pour ce voyage et environ un quart et même plus étaient des femelles
».
Déclaration d’un chasseur de phoque faite à
Cyril Furlong, du ministère des Pêches et des Océans, le 10 juillet 1998 à 19 h
15.
« Au cours du
deuxième voyage, nous avons abandonné quinze ou vingt bébés phoques après avoir
pris les familles.
...Des erreurs ont été commises parce que des
phoques à capuchon enceintes ont été tuées. Cela s’est produit environ six fois,
mais on n’a pas vu les bébés sur le pont. Je suis un chasseur de phoque
d’expérience et je sais qu’elles étaient enceintes. Nous ne gardions pas la
viande et, par conséquent, le petit était jeté à la mer avec la carcasse ».
Déclaration d’un chasseur de phoque faite à
Cyril Furlong, du ministère des Pêches et des Océans le 11 août 1998 à 16 h
50.
« À quelques reprises nous
avons pris des phoques à capuchon mâles et femelles et nous avons abandonné les
petits sur la glace.
...Deux fois j’ai vu un bébé tomber sur le pont
pendant que sa mère était dépouillée. Les deux petits que j’ai observés étaient
vivants et ont été jetés par-dessus bord. J’ai vu les bébés se hisser sur la
glace après avoir été jetés à la mer
».
« J’ai
probablement tué de trois à quatre cents phoques avec un fusil de calibre .22.
J’ai eu des conversations avec le capitaine et l’équipage pour cacher ces fusils
à l’observateur ».
Déclaration d’un chasseur de phoque faite à
Cyril Furlong, du ministère des Pêches et des Océans, le 29 juin 1998 à 10 h
45
« Après que les
femelles eurent été dépouillées et les bébés tombés sur le pont, les petits ont
été jetés par-dessus bord.
...J’en ai vu quelques-uns bouger dans
l’eau derrière le bateau. Ils semblaient vivants et ils nageaient. Nous avons vu
un petit qui était sorti de la femelle sur le pont tenter de se hisser sur une
plaque de glace. À ma connaissance, il n’y est pas parvenu. Cela m’a dérangé de
voir des phoques se débattre dans l’eau pour essayer de se hisser sur la glace
».
Déclaration d’un chasseur de phoque faite à Cyril Furlong, du ministère des
Pêches et des Océans, le 28 juin 1998 à 16 h 30














