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L’IFAW et la réhabilitation des grizzlys au Canada

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L’IFAW est impliqué dans la réhabilitation des oursons depuis de nombreuses années et il a récemment commandité un atelier international en Russie sur la réhabilitation et la remise en liberté des oursons orphelins. Cet atelier réunissait des experts du monde entier, dont Angelika Langen de la NLWS, et il avait notamment pour objectif de discuter des méthodes les plus récentes et les plus efficaces pour élever et remettre en liberté les oursons orphelins.

Quel est le rôle de l’IFAW dans ce projet?
Comment le projet a-t-il démarré?
Quelle est l’expérience de la NLWS et l’IFAW en matière de réhabilitation des ours?
Quels sont les objectifs du projet pilote?
Comment fonctionne le processus de réhabilitation?
Quand et où les ours sont-ils remis en liberté?
Comment fonctionne le système de suivi des ours?
Quelles sont les principes de base à respecter pour réussir le processus de réhabilitation?
Les oursons élevés par des humains réussiront-ils à survivre dans la nature?
Où retrouve-t-on les ours grizzlys?
Les grizzlys sont-ils menacés de disparition?
Quels sont les principaux dangers qui menacent les grizzlys?
D’autres informations intéressantes sur les grizzlys


Quel est le rôle de l’IFAW dans ce projet?
L’IFAW, le gouvernement de la Colombie-Britannique (par l’intermédiaire du Department of Fish and Wildlife) et la Northern Lights Wildlife Society (NLWS) ont uni leurs forces dans le cadre d’un projet spécifiquement conçu pour sauver les oursons grizzlys orphelins de la Colombie-Britannique. Pour l’instant, il s’agit encore d’un projet pilote, mais l’IFAW espère qu’il servira de modèle pour l’établissement d’un programme à long terme. L’objectif de ce programme serait de réhabiliter, lorsque la chose est possible, tous les oursons grizzlys orphelins ou blessés du Canada, et de les remettre en liberté.

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Comment le projet a-t-il démarré?
Le projet a démarré avec l’arrivée de Suzy... Au printemps 2007, la petite ourse avait été aperçue à quelques reprises avec sa mère et un autre petit dans la région de Tumbler Ridge et du parc provincial Monkman. Puis, on n’a plus vu que les oursons pendant près d’une semaine – la mère ayant vraisemblablement été tuée par un braconnier. Les agents de la faune ont réussi à capturer Suzy (mais pas l’autre petit), et on l’a transportée jusqu’au refuge, le 26 juin 2007. Elle était maigre et craintive, mais en bonne santé. Puis, avec les bons soins du personnel de la NLWS, Suzy a rapidement pris du poids.

Le deuxième ourson à profiter du programme de réhabilitation s’appelle Johnny. Le 11 novembre 2007, on a signalé à la NLWS qu’un jeune grizzly venait de perdre sa mère, frappée par un camion près de Prince George une semaine plus tôt. Dès le lendemain, Angelika Langen de la NLWS partait à sa recherche. Après plusieurs heures, elle apercevait enfin le petit ours qui creusait le sol à la recherche de racines, près de la route. Après qu’on l’ait endormi avec des sédatifs, Angelika a emmené Johnny au refuge.

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Quelle est l’expérience de la NLWS et l’IFAW en matière de réhabilitation des ours?
La NLWS existe depuis 18 ans et, au cours de cette période, elle a sauvé, réhabilité et remis en liberté 107 ours noirs. Suzy est le premier grizzly dont s’occupe la NLWS.

L’IFAW a été impliqué dans la réhabilitation des oursons en Russie et en Inde où il a contribué au sauvetage et à la remise en liberté de quelque 125 individus. L’IFAW commandite aussi des ateliers internationaux qui réunissent des experts du monde entier sur la réhabilitation et la remise en liberté des oursons orphelins.

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Quels sont les objectifs du projet pilote?
Les trois principaux objectifs sont les suivants : 

  • Sauver les oursons orphelins, les élever pour qu’ils puissent survivre dans la nature, et les remettre en liberté.
  • Établir des normes et des protocoles pour la réhabilitation des grizzlys au Canada. Le projet vise aussi à colliger de précieux renseignements qui pourront être partagés avec d’autres centres de réhabilitations : comportement des ours, besoins alimentaires, soins médicaux, aménagement des refuges, etc.
  • Faire le suivi du déplacement des ours après leur remise en liberté. Ces données seront utiles pour mieux connaître le sort des ours après leur libération, notamment en ce qui concerne les taux de survie, les éventuels conflits avec des humains et leur intégration au sein des populations sauvages.

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Comment fonctionne le processus de réhabilitation?
Lors de leur arrivée au refuge, les oursons orphelins, comme Suzy, sont pris en charge et suivis 24 heures sur 24 par les spécialistes de la NLWS. Dès qu’ils sont suffisamment grands et forts pour manger de façon autonome, les oursons sont placés dans un enclos spécialement aménagé où ils peuvent explorer leur territoire. Pendant leur séjour au refuge, les oursons ont le moins de contact possible avec les humains et le plus de contacts possible avec d’autres ours.

Le projet pilote de la Colombie-Britannique prévoit que tous les oursons grizzlys orphelins que l’on juge réhabilitables seront emmenés au refuge de la NLWS (les ours trop sérieusement blessés ou aveugles, par exemple, ne peuvent être réhabilités parce que ces handicaps affectent trop leur comportement naturel). Pendant leur séjour, les oursons sont nourris et protégés des prédateurs. Ils passent l’hiver au refuge, en hibernation, et ils sont remis en liberté au printemps.

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Quand et où les ours sont-ils remis en liberté?
Suzy et Johnny seront libérés ensemble au début de l’été alors que les ressources alimentaires naturelles sont abondantes. Ils seront ramenés près du lieu où on les a trouvés et le plus loin possible de toute zone d’activité humaine.

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Comment fonctionne le système de suivi des ours?
Quand ils seront remis en liberté, Suzy et Johnny porteront un collier émetteur qui permettra de les localiser par satellite. Leur position sera enregistrée à toutes les 90 minutes et les chercheurs pourront consulter les données trois fois par semaine pour suivre leurs déplacements. Les colliers n’affectent en rien les mouvements des ours ou leur comportement. Ils sont programmés pour se détacher automatiquement en septembre 2009.

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Quelles sont les principes de base à respecter pour réussir le processus de réhabilitation?

  • Limiter le nombre de soigneurs à une ou deux personnes et interdire l’accès aux visiteurs
  • Autant que possible, élever les ours en compagnie d’autres ours (plutôt que de façon solitaire), même si cela implique de jumeler grizzlys et ours noirs.
  • Nourrir les ours avec le plus d’aliments naturels possible
  • Fournir un environnement riche dans l’enclos : arbres pour grimper, endroit pour hiberner, étang, etc.
  • Choisir un bon emplacement pour la remise en liberté : nourriture abondante, accès à une source d’eau, faible densité humaine, faible densité d’ours sauvages.

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Les oursons élevés par des humains réussiront-ils à survivre dans la nature?
Les ours de tout âge ont des comportements naturels bien ancrés. Même chez ceux qui sont pris en charge en très jeune âge (un mois ou moins), les comportements naturels apparaissent rapidement.

En Colombie-Britannique, la majorité des ours qui bénéficient du processus de réhabilitation arrivent au refuge entre l’âge de quatre et six mois. Ils ont donc déjà profité d’un apprentissage de plusieurs mois auprès de leur mère.

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Où retrouve-t-on les ours grizzlys?
Il fut un temps où les ours grizzlys vivaient sur un immense territoire qui s’étendait de l’Alaska jusqu’au Mexique et débordait même vers l’est jusqu’en Ohio. Aujourd’hui, l’habitat des grizzlys est beaucoup plus petit, à tel point que l’espèce est maintenant classée comme « préoccupante » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Tous les grizzlys que l’on retrouve encore au Canada font partie de la population dite du nord-ouest, et ils sont essentiellement concentrés en Colombie-Britannique. La population de grizzlys des Prairies canadiennes a été déclarée « disparue » en avril 1991.

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Les grizzlys sont-ils menacés de disparition?
Au Canada, on estime que la population totale des grizzlys s’élève à environ 26 000 individus et l’avenir de plusieurs populations locales est hautement incertain en Colombie-Britannique, en Alberta, au Yukon et dans les Territoires-du-Nord-Ouest. L’ours grizzly du Canada figure à l’annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) et on le retrouve aussi sur la liste de l’Union mondiale pour la nature (IUCN). De plus, les activités humaines ont entraîné l’isolation géographique ou génétique de plusieurs populations, dont huit dans le sud de la Colombie-Britannique. Ces populations sont petites – moins de 100 individus – et les probabilités qu’elles puissent interagir avec des populations voisines sont peu élevées ou nulles.

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Quels sont les principaux dangers qui menacent les grizzlys?
La plupart des décès de grizzlys sont le résultat d’activités humaines. Au Canada, les grizzlys sont chassés dans presque toutes les régions où ils sont présents. Les chasseurs avec permis tuent plus de 450 individus par année. À ce nombre, il faut ajouter une centaine d’autres décès répertoriés d’origine humaine, ainsi qu’un nombre important d’individus tués mais non répertoriés officiellement. D’autres activités humaines affectent la qualité des habitats des ours et augmentent les risques de mortalité. C’est le cas, par exemple, de l’exploitation minière et forestière, de l’agriculture, du développement résidentiel et de certaines activités récréatives. La construction de routes, de chemins de fer et de lignes de transmission électrique ont aussi un impact marqué sur les populations. Les routes détruisent de grandes portions des habitats et facilitent l’accès aux chasseurs.

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D’autres informations intéressantes sur les grizzlys
Les grizzlys passent jusqu’à sept mois par année dans leur tanière, en hibernation. Ce sont de gros animaux et ils doivent accumuler d’importantes réserves de graisse pour passer l’hiver. Les ours qui vivent dans des habitats moins riches doivent parcourir de plus grandes distances pour trouver leur nourriture. Les grizzlys qui vivent le long de la côte, par contre, sont parmi les plus gros ours et leur territoire est parmi les plus petits. En automne, ils peuvent manger plus de 10 kg de saumon par jour.
 
Les grizzlys ont une anatomie et un système digestif caractéristiques des carnivores – ils peuvent s’avérer des prédateurs très efficaces et se nourrir de wapitis, d’orignaux, de chevreuils et de caribous. La plupart du temps, toutefois, ce sont des végétaux qui constituent l’essentiel de leur alimentation (de 80 à 90 %). Les grizzlys sont opportunistes et ils se nourrissent aussi d’insectes, de petits mammifères, d’animaux morts et de déchets.  
 
Les effets des grizzlys sur l’environnement sont variés et nombreux. Par exemple, ils dispersent les graines des petits fruits et des autres plantes dont ils se nourrissent. Les carcasses de saumons qu’ils abandonnent servent de nourriture aux charognards. Par leurs selles et leur urine, ils répandent sur le sol de l’azote résultant de leur alimentation à base de saumon. Les loups et les grizzlys sont en compétition pour la capture de proies vivantes et pour les carcasses et ils se volent la nourriture les uns les autres.
 
Les grizzlys vivent en moyenne 20 ans, mais certains peuvent atteindre jusqu’à 34 ans selon les relevés. Les femelles mettent bas pour la première fois à l’âge de cinq à sept ans et elle ont des portées d’un à trois oursons. Les jeunes naissent en janvier ou février, dans la tanière, pendant l’hibernation. À la naissance, les petits mesurent moins de 22 cm et pèsent environ 400 g. Par la suite, ils grandissent rapidement et ils atteignent environ huit kg lorsqu’ils sortent de la tanière au printemps. Les oursons apprennent une foule de comportements complexes de leur mère et ils restent avec elle pendant deux à quatre ans. C’est pourquoi les femelles ne se reproduisent qu’à tous les trois ou quatre ans. Il est difficile de suivre et de répertorier précisément les grizzlys et donc d’évaluer la viabilité des populations.
 
Note : Les informations de cette section ont été tirées du site Internet du COSEPAC –  www.cosewic.gc.ca

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