Afrique du Sud : un plan d'abattage des éléphants en préparation dans les parcs nationaux

Mardi, Mars 15, 2005
Le Cap, Afrique du Sud
L'organisme responsable de la gestion des parcs nationaux d'Afrique du sud (SANParks), semble prêt à faire passer en force ses plans de reprise de l'abattage des éléphants en dépit de l'avis scientifique qui affirme que les recherches effectuées jusqu'ici sont insuffisantes pour appuyer de telles mesures. Toute considération éthique est ainsi ignorée, tout comme la protection animale.
"IFAW est très préoccupé par le fait que SANParks semble mettre l'opinion publique devant le fait accompli en lui demandant de se préparer à la reprise imminente d'un massacre d'éléphants," déclare Jason Bell, Directeur pour l'Afrique du Sud du Fonds International pour la Protection des Animaux (IFAW).

"IFAW estime que SANParks a eu 10 ans pour parvenir à un plan de gestion des éléphants approprié et solide du point de vue scientifique, sans avoir abouti. Aujourd'hui, le dos au mur, il semble qu'il recherche une solution rapide pour réduire les populations d'éléphants."

J. Bell réagissait aux commentaires publiés par Hector Magome, Directeur des Services de protection de SANParks, ce week-end. M.Magome a en effet affirmé qu'il existait un "consensus" sur le fait que les populations d'éléphants devaient être réduites à court terme.

Interviewé par Reuters, M. Magome aurait déclaré : "Nous penchons fortement en faveur de l'abattage et nous voulons que le grand public digère ce fait brutal." 

"Il est faux de prétendre qu'il existe un consensus selon lequel l'abattage est la seule réponse à court terme à la réduction du nombre d'éléphants. De nombreux scientifiques indépendants croient qu'il n'est pas nécessaire de réduire cette population à ce stade. Nous ne devrions même pas parler d'options de gestion à l'heure qu'il est. Au contraire, nous devrions nous concentrer sur une meilleure compréhension des interactions entre les éléphants et leur environnement," a déclaré J. Bell.

"Ces experts ont répété à maintes reprises qu'il était nécessaire de poursuivre les recherches avant de pouvoir comprendre parfaitement la complexité de ce problème. Au lieu de traiter les éléphants de manière isolée, il serait plus raisonnable d’un point de vue scientifique d’avoir une approche globale de la gestion des parcs et de leurs ressources, notamment au Parc National Kruger. "

SANParks a imposé un moratoire sur l'abattage des éléphants en 1994, essentiellement en raison des protestations publiques locales et internationales et de la levée de boucliers des organisations de protection animale telles qu'IFAW.

"Les commentaires selon lesquels le public doit 'digérer la dure réalité' d'une éventuelle reprise de l'élimination des éléphants suggèrent que la décision est prise. SANParks ne doit pas douter que le public sud-africain et la communauté internationale ne toléreront certainement pas un appel à la reprise de l'abattage, notamment si l'on considère qu'elle n'est appuyée par aucune justification scientifique," a déclaré J.Bell.

"IFAW estime que l'abattage est une pratique cruelle, dépourvue d'éthique et non justifiée du point de vue scientifique, qui ne tient pas compte des implications du point de vue de la protection vis-à-vis de la société des éléphants dans son ensemble. SANParks doit reconsidérer sa position."

Selon J. Bell, 2005 est en train de devenir une année catastrophique pour la protection des animaux sauvages.

"2005 sera perçue comme l'année au cours de laquelle l'Afrique du Sud a légalement fait de son patrimoine animalier une marchandise. La loi sur les grands prédateurs va effectivement légaliser l'élevage commercial de cinq espèces de prédateurs, dont trois espèces protégées, en vue de la chasse organisée et l'on peut soupçonner que les mêmes raisons commerciales sous-tendent la reprise de l'abattage sélectif des éléphants.

SANParks affirme que ses plans de gestion des éléphants seront soumis à une enquête d'utilité publique en avril et qu'ils seront approuvés en octobre 2005.

Fin

Post a comment

Contact presse

Christina Pretorius (IFAW, Southern Africa)
Contact phone:
+27 21 424 2086
Contact portable :
+27 82 330 255 2558
Contact email: