Mystère : le Japon tue plus de baleines qu’il n’en déclare

Lundi, Juin 23, 2008
Santiago, Chili
Au premier jour de la réunion de la Commission baleinière internationale (CBI), des preuves ont montré que le nombre de rorquals communs tués par le Japon a été supérieur à celui signalé à l’organisme international par les autorités japonaises.
Un nouveau rapport soumis au Comité Scientifique de la CBI semble confirmer les alertes de chercheurs internationaux et d'écologistes selon lesquels le Japon sous-évalue le nombre de cétacés qu'il tue chaque année. "Le gouvernement japonais est incapable de réguler la vente de la viande de baleine," a déclaré Naoko Funahashi, Directeur d'IFAW Japon et co-auteur du rapport. "Les tests ADN ont prouvé que le nombre de rorquals communs vendus au Japon était supérieur à celui que le gouvernement admet avoir autorisé."
 
L'équipe de chercheurs, dirigée par le Dr. Scott Baker de l'Oregon State University, a analysé l'ADN de 99 morceaux de viande de baleine achetés sur les marchés japonais depuis 2006. Elle a identifié six espèces de baleines à fanons (mysticètes) différentes : baleine à bosse, rorqual commun, rorqual de Rudolphi, rorqual de Bryde, rorqual du Pacifique Nord et petit rorqual de l'Antarctique. Dans le cas des rorquals communs, l'étude a utilisé des méthodes similaires à celles de la médecine génétique légale pour identifier les produits de 15 individus au total, en vente en 2006 et 2007. Cependant, le gouvernement japonais n'a signalé que 13 rorquals communs abattus en vertu de son programme de chasse scientifique des baleines au cours de la même période. Les comptes rendus officiels signalant des baleines enchevêtrées et prises dans des filets de pêche ("prises accessoires") ne semblent pas tenir compte de la viande de rorqual supplémentaire trouvée sur les marchés. Bien que les autorités japonaises prétendent détenir des dossiers d'ADN pour chaque baleine tuée, elles refusent de partager ces informations. Après avoir examiné le nouveau rapport tiré des études de marché, le Comité Scientifique a une fois de plus demandé au Japon de fournir ces données afin d'aider à détecter toute pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN).
 
Les études d'ADN précédentes ont indiqué qu'un certain nombre d'espèces protégées sont vendues au Japon sous couvert de produits obtenus par la chasse "scientifique" des baleines et les prises accessoires de la pêche industrielle.
 
"Le gouvernement japonais prétend pouvoir réguler la chasse à la baleine et le marché de la viande de baleine. En fait, il ne peut faire ni l'un ni l'autre," affirme Patrick Ramage, Directeur du Programme d'IFAW sur les baleines. "Maintenant, ce même gouvernement appelle au compromis lors de la CBI tout en refusant fermement de partager ses informations. Mettre un terme à l'imposture que constitue la chasse scientifique des baleines serait une bonne première étape sur ces deux fronts."
 
Le programme japonais de chasse à la baleine a été critiqué dans le monde entier comme une opération commerciale dissimulée au nom de la science. Il exploite actuellement une faille des réglementations de la CBI, qui autorise les recherches létales sur les cétacés. A maintes occasions, la CBI a demandé au Japon de mettre fin à son programme de chasse à la baleine, en affirmant qu'il n'a aucun rapport avec les objectifs de gestion des cétacés.
 
Pour toute information sur la chasse à la baleine et pour savoir comment aider à protéger les baleines, rendez-vous sur le site www.stopwhaling.org.

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