Des rangers kenyans tués au cours d’une bataille contre des braconniers

Mardi, Mai 22, 2007
Nairobi, Kenya
Trois rangers chargés de la protection de la faune et quatre braconniers ont été tués au cours du week-end lors d’une fusillade qui s’est déroulée à l’aube dans la région de la rivière Tana, au Kenya. La bande de braconniers était en route pour le Parc national Tsavo, a déclaré un responsable du Kenya Wildlife Service (KWS), lorsqu’ils ont reçu l'ordre de s'arrêter, mais ils ont répondu en ouvrant le feu. Lors de la fusillade qui s’en est suivi, les rangers ont abattu quatre braconniers, mais au péril de trois des leurs, portant ainsi à 23 le nombre de rangers de KWS morts en service depuis 1990.
"Nos rangers ont payé le prix ultime : celui d’une vie humaine. Mais ils ne seront pas morts en vain. Nous restons vigilants et dédiés à notre objectif : éradiquer le braconnage et préserver le patrimoine naturel du Kenya," déclare Dickson Lesimirdana, Chef des opérations de lutte contre le braconnage de KWS.
 
Tsavo, le deuxième parc africain par la taille, et qui était probablement la destination des braconniers, est connu dans le monde entier pour l'importance de ses populations d'éléphants. James Isiche, Directeur régional pour l'Afrique occidentale d'IFAW (International Fund for Animal Welfare – www.ifaw.org), qui finance actuellement un important projet de restauration du parc Tsavo le confirme : "Cet événement tragique est un parfait exemple des effets parallèles que peut avoir le trafic endémique de l'ivoire d'éléphant au niveau international, responsable chaque année du massacre de près de 20.000 éléphants, sur les populations humaines. La menace est réelle, à la fois pour les humains et les éléphants, et la plupart des autorités chargées de la faune sauvage dans les états de l'aire de répartition des éléphants sont forcées d'affronter ce défi.
 
L'ironie est que cette bataille mortelle s'est produite alors que le KWS et le Ministère du tourisme et de la faune sauvage réunissait un Atelier de travail consultatif sur les éléphants d'Afrique à Nairobi. Les nations participants se sont rassemblées pour définir une stratégie en vue de la prochaine 14ème assemblée des parties à la Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction (CITES) qui débutera le 3 juin à La Haye.
 
Le Kenya et le Mali ont soumis une proposition à la CITES pour l'établissement d'un moratoire de 20 ans sur tout l'ivoire. Ils sont appuyés actuellement par 10 états de l'aire de répartition des éléphants, ainsi que d'autres pays. Ce dernier épisode a un impact supplémentaire sur la proposition, qui dans l'un de ses arguments suggère que les autorités chargées de l'application de la loi dans de nombreux pays de l'aire de répartition des éléphants sont au maximum de leurs capacités et sont incapables de soutenir le niveau de braconnage actuel.
 
"Le commerce de l'ivoire et la violence entre les hommes qu'il perpétue continueront de se développer tant que les éléphants ne seront pas totalement protégés en vertu de la CITES," rajoute Michael Wamithi, ancien directeur du KWS et Responsable du Programme mondial d'IFAW pour les éléphants. "Une interdiction de tout commerce de l'ivoire est la seule manière d'œuvrer en vue de la protection simultanée des éléphants et des populations locales," complète-t-il.
 
Plus de 26 tonnes d'ivoire ont été saisies entre août 2005 et août 2006, ce qui constitue le record absolu des saisies annuelles depuis que l'embargo fixé par la CITES en 1989 est entré en vigueur. De plus, les autorités chargées de faire appliquer la loi estiment que près de 90% de la contrebande passent par les contrôles sans être détectés.

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