Nouvelle campagne des Japonais dans le Sanctuaire baleinier international

Mardi, Novembre 14, 2006
Shimonoseki, Japon
En dépit des critiques internationales et une interdiction mondiale de la chasse commerciale à la baleine, le gouvernement japonais lancera demain une flotte de six navires baleiniers qui partent d'Arukaport pour une nouvelle campagne de chasse. Les quotas que le Japon s'est auto-attribué autorisent ses chasseurs à tuer jusqu'à 935 petits rorquals et 10 rorquals communs, qui sont une espèce menacée.
Cette campagne japonaise est lancée quelques semaines à peine après que l'Islande ait repris la chasse commerciale à la baleine pour la première fois depuis 20 ans. Sept rorquals communs et un petit rorqual ont été tués en Islande depuis la reprise de la chasse le 17 octobre dernier. Une grande partie de la viande a été congelée du fait de la saturation du marché.

Selon le Dr. Joth Singh, Directeur de la Protection de la Faune et de l'Habitat du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), "les baleines ne sont pas seulement menacées par les pays qui autorisent encore la chasse commerciale, mais également par les filets dérivants, la pollution, le bruit, les collisions avec les navires et le réchauffement climatique." "Au lieu d'accumuler des stocks de viande de baleine dont personne ne veut, IFAW insiste vivement pour que ces gouvernements se recentrent sur l’industrie du tourisme de l’observation des baleines qui connaît une croissance fantastique. Il est inutile de faire couler le sang."

Le Japon se cache derrière une chasse prétendument "scientifique" ; cette terminologie lui permet de continuer de chasser en dépit d'une interdiction internationale de la chasse commerciale imposée par la Commission baleinière internationale (CBI) en 1986. Au cours de la saison 2005/2006, les baleiniers japonais ont tué 853 petits rorquals et 10 rorquals communs en Antarctique. La chasse menée par le Japon dans le Pacifique Nord n'est pas encore finie pour la saison. Le nombre total de prises n'est donc pas encore disponible. L'an prochain, le Japon pourrait également commencer à chasser une autre espèce menacée : les baleines à bosse, en s'auto-attribuant un quota de 50 individus.

"Ce qui est le plus scandaleux, c'est que cette chasse à la baleine ait lieu dans le Sanctuaire de l'Océan austral, instauré par la CBI en 1994 dans les eaux qui bordent l'Antarctique pour abriter ces majestueuses créatures," confirme le Dr. Singh. Le Sanctuaire de l'Océan austral protège environ 80% de la population mondiale des baleines. Il abrite certaines de ces baleines dont les migrations hivernales font vivre l'industrie du tourisme d’observation des baleines, qui rapporte des millions de dollars.

Une étude sponsorisée par IFAW a constaté que plus de 100.000 personnes étaient allées observer les baleines au Japon en 1998, contre 10.992 en 1991. Plus de 95% des personnes qui sont allées observer les baleines et les dauphins au Japon étaient des Japonais. Les dépenses totales pour l'observation des baleines au Japon en 1998 ont été estimées à 25.689.000 euros.

Au Japon, cette industrie a permis aux communautés régionales de créer de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois, notamment dans les hôtels, restaurants, musées et commerces. Ogata a atteint son 100.000ème touriste observateur de baleines en 2000, ce qui représentait à l'époque 10 ans d'observation des baleines. A Ogasawara, où l'observation des baleines a commencé pour la première fois au Japon en 1988, cette industrie a atteint un nouveau pic en 1999 avec 12.000 observateurs de baleines.

Les rorquals communs ont été déclarés espèce menacée par l'Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN) seule la baleine bleue les dépasse en taille, puisqu'ils peuvent atteindre des longueurs de 18 à 22m et des poids allant jusqu'à 30 à 80 tonnes. Ils ont été chassés en grands nombres dans le passé, et leur nombre est actuellement inconnu. Les petits rorquals sont classés comme "quasi-menacés" par l'UICN.

"Il n'existe véritablement aucune façon humaine de tuer une baleine," affirme Vassili Papastavrou, scientifique spécialiste des cétacés et expert d'IFAW. "Lorsqu'elles sont harponnées, de nombreuses baleines subissent d'horribles blessures et souffrent longtemps avant de mourir." IFAW a analysé le reportage sur les navires baleiniers japonais filmé par Greenpeace et a conclu que les méthodes d'abattage des petits rorquals en Antarctique sont particulièrement cruelles. Un cétacé sur cinq filmés serait mort instantanément.

IFAW s’oppose à la chasse à la baleine et encourage l’observation responsable des cétacés dans le monde entier, alternative humaine et durable à la chasse à la baleine. Pour toute information complémentaire, rendez-vous sur le site www.ifaw.org.

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