Victoire pour les éléphants : la CITES dit non à la vente d'ivoire

Jeudi, Octobre 5, 2006
Genève
Les écologistes, et notamment IFAW (Fonds international pour la protection des animaux; www.ifaw.org) ont obtenu une victoire essentielle hier. En effet, le Comité Permanent de la CITES (La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) a voté contre l’autorisation de la vente exceptionnelle d’un stock de 60 tonnes d’ivoire - représentant des milliers d’éléphants - ce qui aurait placé les éléphants d’Afrique et d’Asie sous la menace croissante des braconniers. Cependant, la décision d’approuver le Japon en tant qu’acheteur agréé pour ces stocks a été condamnée parce qu’ouvrant la voie à des ventes futures.
Le Botswana, la Namibie et l’Afrique du Sud ont reçu en 2002 l’autorisation de la CITES pour la vente de 60 tonnes d’ivoire stocké, en dépit de l'opposition de plus en plus marquée de nombreux autres états et ONG. La vente dépend de certaines conditions, notamment le contrôle réel du braconnage, la satisfaction de protocoles commerciaux suffisants et l’utilisation des revenus pour la conservation et le développement des populations locales.

Actuellement, le commerce international de l’ivoire est condamné par la CITES.

La décision de ne pas autoriser les ventes a été prise après que des inquiétudes aient été exprimées concernant la capacité du système MIKE (Monitoring Illegal Killing of Elephants) de contrôle de l’abattage illégal des éléphants à fournir des informations fiables pour soutenir les prises de décision de la CITES. MIKE a été instauré en 1997 afin de mesurer et enregistrer les niveaux initiaux et les tendances de la chasse illégale des éléphants pour contrôler les effets des décisions de la CITES et constituer une capacité suffisante dans les états situés sur l'aire de répartition. Cependant, neuf ans après sa création, les données de MIKE restent incomplètes, manquent de fiabilité et reposent sur des hypothèses erronées. En outre, un certain nombre de prises importantes effectuées l’an dernier, qui s’élèvent à près de 15 tonnes d’ivoire (provenant très probablement du braconnage) ne figurent pas dans les données sur les populations d’éléphants présentées par le système MIKE au comité.

La Chine et le Japon se sont proposés comme "partenaires commerciaux" afin d'acheter les stocks. Par une initiative très controversée, la demande japonaise a été approuvée après des discussions passionnées, en dépit des preuves selon lesquelles la vente exceptionnelle des stocks d'ivoire au Japon en 1999 avait déchaîné les marchés de l'ivoire en Asie.

Peter Pueschel, Responsable IFAW du Programme contre l’exploitation commerciale de la faune, a déclaré de Genève que « la décision de ne pas autoriser la vente des stocks sera considérée comme bienvenue par tous ceux qui sont impliqués dans la protection des éléphants dans le monde entier et qui mènent un combat incessant pour protéger les pachydermes contre les braconniers. Nous nous réjouissons de la décision de s’opposer en ce moment à la vente. Cependant nous sommes foncièrement préoccupés par le fait que le Japon soit estampillé pays importateur, en dépit des preuves démontrant qu’il peine à contrôler son marché de l’ivoire et mette en question la crédibilité de la CITES. Cette dernière devrait prendre ses décisions en prenant des précautions et en se reposant sur des faits. »

L’opportunité pour la Chine et le Japon d’acheter le stock d’ivoire a fait l’objet d’interrogations, après que les rapports d’IFAW sur le système de contrôle national dans ces deux pays aient révélé des échappatoires permettant à l’ivoire illicite de s’infiltrer sur les marchés légaux. Depuis des années, ces deux pays sont critiqués pour leurs marchés d’ivoire illégal florissants. Une grande partie du système de contrôle japonais repose sur des informations volontaires. Il est également connu qu’il existe des stocks privés encore plus importants, qui ne sont pas enregistrés et peuvent être utilisés pour blanchir l’ivoire illicite sur le système légal.

Les groupes écologistes sont préoccupés par un certain relâchement de l’embargo sur l’ivoire, qui entraînerait une explosion de la demande et de l’offre, et qui inonderait le marché par les stocks légaux et illégaux. Dans la réalité, ceci se traduira par le massacre de dizaines de milliers d’éléphants, les mettant ainsi en danger de manière décisive.

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