Pris dans la toile, le commerce en ligne de la faune sauvage

Mardi, Août 16, 2005
Londres
Une enquête du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), publiée aujourd’hui, révèle que de grandes quantités de produits d’origine animale et  que  nombre d’animaux vivants sont vendus illégalement sur Internet. Ce commerce lucratif, qui s'amplifie de jour en jour, entraîne au bord de l’extinction les espèces les plus menacées du monde et provoque des souffrances indicibles.
Chaque jour, des milliers d’animaux  et des produits d’origine animale  – qu’il s’agisse de chimpanzés vivants, de défenses gigantesques ou de minuscules hippocampes séchés – sont vendus et achetés dans le cyberespace international. Pendant trois mois, IFAW a mené au Royaume-Uni une enquête qui a montré qu’en une semaine seulement, plus de 9 000 animaux vivants ou produits issus de la faune sauvage avaient été proposés à la vente sur des sites Web de langue anglaise, notamment des forums de discussion et le célèbre site d’enchères eBay. Au moins 70% de ces animaux étaient des espèces protégées par la législation internationale. L’enquête a été restreinte à cinq catégories d’animaux ; ses conclusions ne représentent donc que la partie visible de l’iceberg (1).

Le rapport, "Caught in the web: wildlife trade on the Internet" ("pris dans la toile, le commerce de la faune sauvage sur l’Internet", disponible en langue anglaise) confortera les craintes des écologistes : le commerce sur Internet, toujours croissant et très peu contrôlé, pourrait être une catastrophe pour les espèces menacées. Il ouvre de nouveaux marchés aux trafiquants d’animaux sauvages et beaucoup de ces animaux sont visés par les braconniers pour répondre aux demandes de riches consommateurs étrangers et pour être commercialisés comme "animaux de compagnie". L'Internet est notoirement difficile à contrôler parce qu'il dépasse les frontières nationales et géographiques ; les ventes transfrontalières correspondent actuellement à 15% de toutes les transactions sur eBay.

IFAW a découvert que certaines des espèces les plus menacées au monde sont proposées en ligne, à partir de sites Web basés au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Inde, en Israël et en Allemagne, et que la plupart d'entre eux sont vendues ou échangées de manière illégale. Les enquêteurs d'IFAW ont trouvé des animaux exotiques, notamment un gorille vivant en vente à Londres, un tigre de Sibérie et quatre bébés chimpanzés sur un site américain, ainsi que d'autres espèces sérieusement menacées. On trouve également sur Internet des carapaces de tortues Caret, des châles shahtoosh confectionnés avec la laine des antilopes du Tibet, ainsi que des lions et des ours polaires empaillés. Les articles en ivoire et les remèdes de la médecine asiatique traditionnelle contenant des organes d'espèces menacées de tigres et de rhinocéros sont également courants.

Phyllis Campbell-McRae, Directrice du bureau britannique d’IFAW, le confirme : « Le commerce sur Internet est facile, bon marché et anonyme. Cependant, il est clair que des commerçants peu scrupuleux et des organisations criminelles complexes tirent parti des occasions fournies par le Web. Le résultat en est un cyber-marché noir où l'avenir des animaux les plus rares de la planète est bradé. Il est indispensable que les pouvoirs publics et les propriétaires de sites Web s'attaquent immédiatement à cette situation, avant qu'il ne soit trop tard. »

« Chacun de nous a également la responsabilité d'arrêter d'acheter et de vendre des animaux sauvages et des produits issus de la faune sauvage. Le commerce des animaux sauvages est poussé par la demande des consommateurs. Quand ceux-ci s'arrêteront d'acheter, les meurtres s'arrêteront également. Notre message aux clients en ligne est donc simple : acheter des animaux sauvages en ligne est un acte aussi détestable que de les tuer vous-même », ajoute Mme Campbell-McRae.

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Rosa Hill (IFAW, United Kingdom)
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