Vue d’ensemble de l’élégant argument invoqué par l’Australie devant la Cour internationale de justice contre la chasse à la baleine scientifique du Japon

Regardez la première partie du procès à la Cour internationale de justice ci-dessus. La deuxième partie se trouve ici.

Une fois que les 16 juges et le président de la Cour internationale de justice ont fait leur entrée, nous sommes invités à nous asseoir.

Depuis le balcon à l’arrière, nous, ainsi que trois autres organisations (dont l’une représente la Commission baleinière internationale (CBI) elle-même), avons une vue plongeante sur le déroulement du procès.

Etre le témoin direct de cette affaire est un privilège incroyable.

L’Australie ne perd pas de temps pour se lancer. 

A première vue, c’est une mission décourageante que d’expliquer la question de la chasse à la baleine en partant de zéro, le fonctionnement de la CBI, les décisions clés de la CBI, tel que le moratoire, le Sanctuaire de baleines de l’océan Austral, les différents types de baleines, l’exploitation qu’elles ont subie et comment elles sont étudiées.

Et cela fait justement partie de ce qui devait être couvert.

Donc l’affaire commence par un abécédaire destiné aux juges, l’Australie présentant méthodiquement les informations les unes après les autres.

Le résultat est incroyablement accessible. 

Membres de la Délégation japonaise à l’ouverture du procès concernant l’affaire de la pêche à la baleine dans l’Antarctique (Australie contre Japon ; intervention de la Nouvelle-Zélande). Copyright : Photo ONU/ ICJ-CIJ/ANPiO/Bas Arps. Gracieusement offerte par la CIJ. Tous droits réservés.

Nul besoin d’être un spécialiste en la matière pour saisir ces présentations et, à ce stade, il n’y a pas de documents juridiques compliqués.

C’est le contraire de ce à quoi je m’attendais et au cours des prochaines années tous les nouveaux étudiants de la question de la chasse à la baleine feraient bien de commencer par se pencher sur ce dossier.  

Tous les documents sont en ligne avec le procès-verbal de la procédure orale d’hier. Une autre possibilité consiste à regarder la vidéo : à certains moments, vous en restez littéralement cloué à votre siège.

Le Japon soutient que l’Article VIII de la Convention de la CBI qui régit la « chasse scientifique à la baleine » est une clause de sortie qui lui permet de faire tout ce qu’il veut.

L’Australie a bien fait valoir que cette clause, qui avait tout d’abord été insérée dans l’ancienne convention baleinière de 1937, puis incluse dans la Convention internationale de 1946 relative à la réglementation de la chasse à la baleine, ne devrait pas être considérée séparément mais en tant que partie d’un tout.

Et ce tout inclut non seulement la convention baleinière elle-même, mais aussi l’agrément de décisions au fil des années et l’évolution des pratiques de la CBI qui comprend désormais tant de travaux de préservations que la chasse à la baleine scientifique du Japon fait tache.   

Néanmoins, même en 1946, dans un monde infiniment différent, la chasse scientifique à la baleine visait à permettre uniquement aux spécimens étranges d’être capturés, peut-être pour en exposer le squelette dans un musée. Et elle n’a certainement pas été conçue pour autoriser un pays à contourner des décisions et à capturer autant de baleines que bon lui semble.

Aujourd’hui, les professeurs Philippe Sands et Marc Mangel nous ont appris que la « chasse scientifique à la baleine » ne saurait être qualifiée de scientifique car elle ne contient pas d’hypothèses vérifiables, n’est pas adéquatement soumise à un examen collégial au stade de la conception et que peu de résultats sont publiés dans des journaux appropriés. Les deux articles qui ont été publiés sont sans rapport avec les travaux de la CBI, à savoir la préservation des baleines et la gestion de la chasse à la baleine.

En un mot, comme Sands a lui-même résumé, la pratique de la chasse scientifique à la baleine est  «un exercice inutile ».

Il a terminé ses propos par des commentaires sur la vaste récolte de données par le Japon provenant des morceaux de cadavres de baleines. Il a cité Henri Poincaré, qui fut l’un des plus grands mathématiciens français et l’auteur de La science et l’hypothèse.

« On fait la Science avec des faits comme une maison avec des pierres ; mais une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison. »

Vassili Papastavrou

Pour plus d’informations sur les efforts que nous consacrons en faveur de la suppression de la chasse à la baleine à des fins commerciales, rendez-vous sur la page internet de notre campagne.

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