Les baleines sont enfin entendues à la cour de La Haye

Palais de la Paix, La Haye, Pays-Bas, site des audiences de la Cour internationale de justice. c. IFAW/P. RamageNous voici enfin à l’aube de ce jour tant attendu : l’ouverture de l'audition devant la Cour internationale de justice dans le différend opposant le gouvernement de l’Australie et le gouvernement du Japon au sujet de la chasse à la baleine nippone dans les eaux du Sanctuaire baleinier de l’océan Austral, à proximité de l’Antarctique.

Vassili Papastavrou, biologiste spécialiste des baleines du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), et moi-même sommes arrivés à La Haye depuis Londres hier, tard dans la soirée. Après une courte nuit de sommeil, nous nous sommes rendus au Palais de la Paix, un superbe édifice de brique rouge et d’ardoise grise se dressant au centre de jardins à la française et abritant la Cour internationale de justice.

Financé par Andrew Carnegie, le célèbre industriel américain, et orné de sublimes décorations offertes par les États du monde entier, le Palais de la Paix a ouvert ses portes dès 1913.

Vassili et moi-même avons été chaleureusement accueillis par un garde danois. Reconnaissant nos noms, il nous a aussitôt informés qu’IFAW disposait de deux places réservées pour observer les débats à l’intérieur de la grande salle de justice. Extrêmement surpris, nous lui avons demandé ce qui nous valait cet honneur : « Eh bien, vous êtes les premiers intéressés dans cette affaire, après tout », nous a-t-il confié avec bienveillance.

Le ministre délégué des Affaires étrangères du Japon, Koji Tsuruoka, face à la presse dans le hall du Palais de la Paix. c. IFAW/P. Ramage

Et il n’avait peut-être pas tort. Ce qui est sûr, c’est que nous étions loin d'être les seuls intéressés. Les comités scientifiques et juridiques de l’Australie et du Japon étaient déjà présents dans le somptueux hall du palais lorsque nous sommes arrivés, entourés de journalistes qui tentaient de leur soutirer quelques bribes d’informations à grand renfort de micros et de caméras.

 « L’affaire », la première concernant un différend environnemental à être entendue par la cour, sera examinée au cours des trois prochaines semaines dans une salle impressionnante lambrissée de chêne et ornée de chandeliers en cristal de Bohême et de fresques sur les murs et les plafonds.

Pour IFAW et pour une partie grandissante de l’opinion publique, cette affaire aurait dû être résolue il y a des années déjà, lorsque la Commission baleinière internationale (CBI) a proscrit le massacre de baleines à des fins commerciales.

Faisant fi de cette interdiction, le Japon a depuis tué plus de 14 000 baleines en invoquant des motivations scientifiques, malgré les multiples condamnations de la CBI et en dépit des nombreuses études prouvant que la chasse à la baleine « scientifique » n’a presque rien apporté de tangible à la science.

Alors que les 16 juges en robe prennent place dans la grande salle sous le silence respectueux des parties, nous espérons plus que jamais que justice sera rendue et que la cause des baleines sera entendue.

Prochainement : notre compte-rendu de l'audience et le résumé de la première journée. Restez connectés !

Patrick Ramage

 

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