Justice n'est pas encore rendue pour la chienne Lily, enterrée vivante au Cap

Lily_update

En 2011, l'histoire d'une chienne errante enterrée vivante dans une école du Cap avait suscité une vague d'indignation dans le monde entier. Près de quatre ans plus tard, l'affaire refait surface devant les tribunaux. Retour sur cette incroyable affaire par Marcelle du Plessis, employée de la clinique vétérinaire de Mdzananda, dans le township de Khayelitsha, au Cap.

Après plusieurs mois d'attente insoutenable et de bataille juridique pour défendre le cas de Lily, cette petite chienne qui s’était accrochée à la vie alors qu'elle avait été enterrée vivante, nous commençons enfin à voir le bout du tunnel.

Le proviseur du lycée Luhlaza, dans le township de Khayelitsha, reconnu coupable d'avoir envoyé des gardiens enterrer la chienne vivante dans la cour de son école, a comparu fin mars devant le tribunal de première instance pour avoir manqué à ses obligations légales. 

Le 20 octobre 2011, Manono Makhaphela avait ainsi sommé deux gardiens de « se débarrasser » de la chienne errante, qu'il considérait comme une nuisance. S'apercevant de ce qui se tramait, l’un des employés de la cuisine de l'école a aussitôt appelé la clinique vétérinaire Mdzananda à Khayelitsha, et deux de nos employés ont accouru pour secourir Lily, qui avait été enterrée à 1,5 mètre de profondeur. Le temps qu'ils parviennent à la déterrer, la pauvre chienne avait passé plus de 20 minutes sous terre.

Makhaphela a été condamné à verser une amende de 6 000 ZAR, la première moitié payable immédiatement et la seconde suspendue sur une période de cinq ans à condition qu'il mette en place à l’école une campagne de sensibilisation sur la protection des animaux avant le 18 juillet 2013. La clinique vétérinaire Mdzananda soutenait l’initiative car elle aurait permis de sensibiliser des centaines d'enfants sur le sujet.

Pourtant, près de deux ans après la fin du procès, seulement 1 000 ZAR ont été versés et aucune campagne n'a encore été mise en œuvre. 

Ne souhaitant pas en rester là, la clinique vétérinaire a décidé de dénoncer le mauvais payeur auprès de la National Prosecuting Authority (NPA, l'Autorité nationale des poursuites), en 2014. Malgré notre détermination, notre espoir de voir les choses bouger était presque vain. Mais, à notre grande surprise, nous avons reçu un appel début 2015 nous informant que le principal avait été arrêté et placé en prison et qu'une date d'audience avait été fixée.

Jane Levinston, la directrice de la clinique vétérinaire Mdzananda, a été convoquée au tribunal le 31 mars dernier pour témoigner contre Makhaphela. Selon elle, bien que la journée d’audition ait été longue et fastidieuse, le procès s'est terminé sur une note positive. Le principal a été informé qu'un casier judiciaire avait été ouvert et qu'il avait jusqu'au 18 juillet 2015 pour commencer la campagne de sensibilisation s'il souhaitait que la mention de son casier judiciaire soit effacée. Cet avertissement semble l’avoir fait réagir et il a finalement montré des signes de coopération, s’inquiétant probablement de ce que deviendrait sa vie avec un casier judiciaire. 

Nous sommes très reconnaissants du travail de la NPA et espérons que Makhaphela respectera ses engagements. Pour cela, il est tenu d'envoyer un rapport à la clinique vétérinaire Mdzgnananda tous les semestres pendant cinq ans, afin de rendre compte de l'évolution de la campagne.

Nous espérons vivement que justice sera rendue pour Lily, mais nous savons pour cela qu'il faut surveiller le principal de près.

Aujourd'hui, Lily vit dans la famille de l'un des directeurs de la clinique Mdzananda. Elle est en pleine forme et croque la vie à pleines dents. Comme vous avez été nombreux à réaliser des « Patchworks Lily » pour apporter un peu de chaleur aux pensionnaires de la clinique pendant l'hiver, nous avons pensé que cette histoire vous intéresserait.

Sachez que nous continuerons de lutter pour que justice soit rendue, peu importe le temps que cela prendra, car cette histoire, loin de se limiter à la vie de cette petite chienne, nous permet de poser les jalons d’un cadre juridique protégeant les animaux qui seront victimes d’actes cruels à l’avenir.

Christina Pretorius

Post a comment

Nos experts

Conseiller principal en matière de programmes
Conseiller principal en matière de programmes
Brian Sharp, Chargé des interventions d'urgence, coordinateur échouages
Chargé des interventions d'urgence, coordinateur échouages
Céline Sissler-Bienvenu, Directrice France et Afrique francophone
Directrice France et Afrique francophone
Responsable du sauvetage d’animaux sauvages, siège d’IFAW
Responsable du sauvetage d’animaux sauvages, siège d’IFAW
Vétérinaire, Docteur
Vétérinaire, Docteur
Katie Moore, Vice-présidente adjointe, Conservation et bien-être animal
Vice-présidente adjointe, Conservation et bien-être animal
Loïs Lelanchon, Chargé du programme Sauvetage des animaux
Chargé du programme Sauvetage des animaux
Manager du programme Interventions d’urgence
Manager du programme Interventions d’urgence
Valeria Ruoppolo, Vétérinaire d’IFAW
Vétérinaire d’IFAW
Vivek Menon, Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW
Directeur du Wildlife Trust of India, partenaire d'IFAW