Devenu quasiment aveugle, un chien malade nommé Ruffo lutte pour sa survie à Playa

Il y a presque un an, le 7 septembre 2015 pour être exacte, je me rendais dans l’une des communautés pauvres que nous aidons à Playa del Carmen pour y effectuer ma visite mensuelle afin d’offrir des services vétérinaires et de réaliser un suivi de l’état de santé de mes patients. Une famille m’a alors demandé si je pouvais jeter un œil à son chien car il était très malade.

Nous l’avions déjà stérilisé grâce au programme de stérilisation du partenaire d’IFAW Coco’s Animal Welfare, mais je ne l’avais pas revu depuis deux mois pour lui administrer les traitements préventifs. En m’approchant de lui, j’ai eu un choc.

Il était attaché près d’un fourneau de cuisine et à côté de lui, le sol était jonché de pierres et de déchets. La peau sur les os, il ne lui restait plus que quelques touffes de poils. Il était presque totalement dégarni et son corps était recouvert de tiques.

Mais c’est en le regardant en face que je me suis aperçue du pire : il avait les globes oculaires perforés. A ce moment-là, il ne souffrait plus, mais je craignais fortement qu’il n’ait dû endurer le martyr pendant plusieurs jours en l’absence de soin. L’ehrlichiose, une maladie transmise par les tiques très courante dans notre région, peut entraîner une altération de la pression du fluide oculaire et doit être traitée rapidement, sans quoi elle peut causer la perte de l’œil.

Ruffo vivait dans sa famille depuis cinq ans, mais lorsque la très jeune maman a donné naissance à son bébé, alors que son père était en chaise roulante, Ruffo est passé au dernier plan.

Malheureusement, lorsqu’il est tombé malade, Ruffo a souffert du manque de ressources et de soins de sa famille, qui n’a pas demandé d’aide. Cela m’attriste, car nous aurions évidemment pu intervenir.

Mais son sort n’était pas scellé ; nous pouvions encore faire quelque chose.

J’ai décidé d’emmener Ruffo avec moi. Il était dans un état épouvantable. Les moindres parcelles du peu de pelage qui lui restait étaient couvertes de tiques : du jamais vu ! J’ai essayé un nouveau traitement, qui s’est avéré très efficace puisqu’une seule dose a suffi à éradiquer les puces et les tiques qui lui couvraient le corps.

Immédiatement après l’avoir rencontré, Laura Raikes, Présidente de Coco’s Animal Welfare, m’a dit qu’elle trouverait un sponsor pour couvrir tous les besoins de Ruffo, à condition que je l’accueille chez moi. J’ai aussitôt accepté, mais je m’inquiétais pour lui, car il était devenu aveugle. J’ai même avancé à Laura que je ne pourrais pas m’occuper d’un chien aveugle pour longtemps ; c’était au-dessus de mes forces.

 

Nous lui avons retiré l’œil droit et refermé le gauche à l’aide d’une technique qui nous permettrait peut-être de sauver sa vue. Après l’opération, j’ai dû lui administrer des soins toutes les six heures (jour et nuit) pendant trois semaines.

Ruffo Recovery

Petit à petit, il a repris du poids et au bout de plusieurs semaines, son pelage a commencé à repousser sur la tête et les pattes. Il était blanc et doux. Il se comportait très bien, a appris à sortir sur la terrasse ou dans le jardin d’en face pour faire ses besoins et à mémoriser la maison dans ses moindres recoins. Il a même appris à monter l’escalier, devenant ainsi parfaitement autonome !

J’étais particulièrement fière de lui le jour où il a réussi pour la première fois à monter l’escalier jusqu’au lit. Même s’il n’a pas recouvré la vue, son œil gauche était au moins tiré d’affaire et était devenu opaque en cicatrisant.

Je me suis beaucoup attachée à lui. Parmi tous les chiens que j’ai recueillis à la maison, je n’ai jamais senti une inquiétude aussi grande à l’idée de les reloger qu’avec Ruffo, qui avait trouvé une possible famille adoptive.

J’étais contente, car elle semblait parfaite pour lui. Mais j’étais terriblement triste à l’idée de ne plus le voir, de ne plus dormir à ses côtés, de ne plus l’entendre ni de ne plus le tenir entre mes bras.

Alors je suis brusquement revenue sur ma décision et j’ai ajouté un membre à ma famille !

J’avais déjà adopté un chien très similaire, qui avait lui aussi perdu l’œil droit. Il semblerait donc que j’aie un faible pour les chiens borgnes ! Qui pouvait s’imaginer qu’après avoir dit que je n’étais pas capable de m’occuper de lui pour longtemps, je tomberais si follement amoureuse de ce petit chien aveugle, doux et têtu ?

Je souhaitais simplement partager mon enthousiasme afin de vous prouver que même les chiens infirmes méritent d’être adoptés ou recueillis.

C’est une expérience très gratifiante, qui vous changera la vie pour toujours !

Erika Flores

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