Born to be free sort à Moscou

Le documentaire Born to be free, produit avec le soutien d’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux), inaugurera l’ECO CUP International Green Film Festival à Moscou aujourd’hui. La projection aura lieu dans une salle de 1 500 sièges du cinéma Octyabr, géré par la société de production Karo.

Ce film dénonce le trafic inhumain de mammifères marins, remonte les branches de ce réseau de trafiquants dans plusieurs pays et raconte l’histoire des pauvres animaux qui en sont victimes.

L’enquête s’appuie sur l’histoire de 18 bélugas (ou baleines blanches) qui ont été capturés dans la mer d'Okhotsk, dans l’Extrême-Orient russe. Au départ, ils devaient être vendus à l’Aquarium de Géorgie, à Atlanta. Mais lorsque les médias se sont emparés de cette information, la nouvelle a fait beaucoup de bruit et des défenseurs des animaux sont parvenus à faire interdire l’importation de ces cétacés aux États-Unis.

En attendant l’issue du procès, les animaux ont été placés dans de petits réservoirs en béton, dans la station de recherche biologique du littoral de la mer Noire.

C’est ici que les producteurs du film les ont vus pour la première fois. Ils ont alors décidé de réaliser un documentaire pour raconter leur détresse.

Born to be Free

J’ai rencontré les deux réalisatrices Gayane Petrosyan et Tatiana Beley il y a environ trois ans. J’ai été subjuguée par l’enthousiasme de ces jeunes femmes et leur volonté de réaliser un documentaire sur ces animaux. Cela m’a donné envie de les aider.

Nous nous sommes alors arrangées pour filmer des séquences autour des îles Solovki, où des scientifiques soutenus par IFAW travaillant à l’institut Shirshov d’océanologie étudient les comportements et la communication des bélugas sauvages depuis 1995.

Depuis que ce projet existe, les baleines blanches de la région ont été exploitées à plusieurs reprises pour des raisons commerciales.

Récemment, l’une des criques du littoral des îles Soloski a été barricadée pour retenir des bélugas importés de Saint-Pétersbourg à l’occasion des vacances d’été. Les touristes pouvaient acheter des tickets pour assister au « spectacle ».

De même, un enclos a été construit dans le site de plongée situé à l’embouchure du fleuve Nilma et plusieurs bélugas y ont été transférés afin que les plongeurs puissent nager en leur compagnie.

Les réalisatrices mettent ces deux situations en lumière dans le film.

Mais la plus tragique des histoires dont j’ai pu témoigner au sujet des bélugas est celle de la chasse commerciale qui était destinée à alimenter le marché japonais de la viande de baleines blanches. Les faits remontent à 1999. Cette année-là, nous avons été informés que la chasse aux bélugas avait commencé dans la mer d’Okhotsk. Nous avons aussitôt décidé de dépêcher une équipe de tournage sur place et mes collègues japonais ont démasqué les clients à l’origine de cette demande. Il s’agissait vraisemblablement d’un couple de personnes âgées qui possédaient un petit restaurant de poisson dans une ville provinciale du Japon. Je me souviens avoir été très surprise en repensant à la somme d’argent qu’ils avaient dû débourser pour obtenir 200 tonnes de viande de béluga.

Grâce au soutien du Comité d’État russe pour la protection de l’environnement et à la pression de l’opinion publique, le massacre de ces baleines a pu être évité et l’affaire a été résolue. Depuis lors, la chasse a cessé, mais les quotas de chasse n’ont pas été retirés et des permis ont été octroyés pour capturer ces animaux à des fins pédagogiques et scientifiques.

À ce sujet, le documentaire montre une scène totalement bouleversante, dans laquelle on peut voir une foule de chasseurs célébrer la capture de baleineaux en s’exclamant : « À cette allure, nous deviendrons vite millionnaires ! »

Car, hélas, s’il existe une règle dans ce commerce abominable, c’est bien celle de l’argent. Faisant affaire avec la Chine, les trafiquants vendent les bélugas aux parcs océaniques pour leurs spectacles.

 « La recherche ne rapporte rien, alors nous montrons les bélugas au public pour nous faire de l’argent », affirme Lev Mukhamedov dans le documentaire. Mais nous ne devons pas rester dupes et devons prendre conscience de toute la souffrance que dissimulent ces attractions. Je suis persuadée que les histoires fidèlement mises en image dans le documentaire Born to be free contribueront à changer les choses.

Au mois de décembre, une délégation d’IFAW accompagnée de Pamela Anderson a exposé le problème de la capture des baleines et de leur détention en captivité à Sergei Ivanov, le représentant spécial du Président russe pour la Protection de l’environnement, l’écologie et le transport, qui s’est montré très intéressé et a fait part de sa volonté d’y remédier. Depuis, le ministre russe des Ressources naturelles et de l’Environnement, Sergei Donskoi, a évoqué le sujet lors d’un entretien avec des journalistes.

La bonne nouvelle est que les réflexions sur une loi condamnant la cruauté envers les animaux ont repris. Il est temps que nous nous mobilisions pour défendre les animaux. Le documentaire Born to be free est à ce titre l’un des arguments les plus puissants dont nous disposons en Russie pour militer en leur faveur.

MV

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