Batoka retourne au centre de réhabilitation de Kafue

Le retour de Batoka au boma prouve que les orphelins grandissant hors d’un troupeau traditionnel acquièrent néanmoins les compétences nécessaires à la vie en pleine nature. © GRINous vous faisions part récemment de la décision de Batoka (7 ans et 10 mois) de se séparer des deux autres orphelins en phase d’acclimatation, Chodoba (10 ans et 10 mois) et Kafue (6 ans et 7 mois). Quelle ne fut pas notre surprise de le voir faire son retour dans notre centre récemment ! Ce jour-là, nous avons aperçu un éléphant mâle solitaire près du boma au cours de la matinée. Le groupe des orphelins avait depuis longtemps quitté les lieux pour sa promenade matinale et se trouvait à plusieurs kilomètres du camp. En s’approchant du pachyderme, l’équipe a pu confirmer qu’il s’agissait bien de Batoka. Celui-ci semblait chercher les membres du groupe qu’il avait quitté depuis si longtemps (plus de 2 mois).

Il grondait et se tenait la tête haute et les oreilles dressées, à l’affut du moindre bruit qui pourrait le mettre sur la piste des autres orphelins.

Bredouille, il a ensuite traversé le fleuve Nkala, se dirigeant à l’opposé du lieu où se trouvaient les éléphants. Heureusement, bien qu’il eût quitté le camp depuis longtemps, Batoka se souvenait très bien des rituels quotidiens des orphelins du centre.

Il est donc retourné au boma lorsque le soleil a atteint son zénith pour retrouver sa famille adoptive.

Chamilandu a été la première à saluer Batoka. Les deux éléphants entretiennent un lien très fort depuis le sauvetage de Batoka en 2009. Ils se sont immédiatement salués en enlaçant leur trompe. Chamilandu s’est ensuite employée à renifler tout le corps de Batoka, comme pour déceler l’odeur des éléphants sauvages sur sa peau.

Chamilandu et Batoka se sont immédiatement salués en mettant leur trompe dans la bouche de l’autre. © GRITafika, fidèle camarade de jeu de Batoka, s’est ensuite approché de lui. Après les salutations et inspections d’usage, les deux éléphants ont immédiatement commencé à jouer ensemble et à se battre. Batoka a rapidement pris le dessus, et Tafika a bientôt admis la domination de son aîné. Toutes les luttes auxquelles ils se sont livrés au cours des dernières années ont probablement été d’une aide précieuse à Batoka pendant son séjour en pleine nature.

Chamilandu et Tafika ont accueilli Batoka lors de son retour parmi les orphelins. © GRIBatoka semble avoir été légèrement blessé au niveau de la patte arrière. Selon les soigneurs, il s’agirait d’une blessure faite par un coup de défense, probablement causée par l’un des éléphants sauvages qui ont croisé sa route lors de ses pérégrinations loin de Kafue et de Chodoba. La blessure n’étant que superficielle, Batoka semble avoir acquis de solides compétences de survie qui lui ont été bien utiles. Cet éléphant nous permet d’entrevoir que même les orphelins grandissant hors d’un troupeau traditionnel peuvent apprendre à vivre à l’état sauvage.

Lisa Olivier

Pour en savoir plus sur notre travail auprès des éléphants, consultez notre page de campagne.

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