La science ne permet pas de justifier un abattage massif de phoques gris

La science ne permet pas de justifier un abattage massif de phoques gris
Mercredi, Octobre 24, 2012
TORONTO

Le Comité sénatorial permanent des pêches et des océans du Canada a publié aujourd’hui un rapport dans lequel il recommande de procéder à un abattage massif de 70 000 phoques gris dans le golfe du Saint-Laurent. Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) affirme qu’un tel abattage est injustifié d’un point de vue scientifique, qu’il serait contraire à l’éthique, et très risqué.

« On se sert du phoque gris comme bouc émissaire pour détourner l’attention des problèmes très sérieux qui menacent les pêches à l’heure actuelle, notamment la surpêche et les prises accessoires, observait Sheryl Fink, la directrice du programme de protection des phoques à l’IFAW. Il n’y a absolument aucune preuve scientifique qui indique qu’un abattage de phoques pourrait favoriser le rétablissement des stocks de morue ou d’autres poissons. »

Dans le cadre de son étude sur la « gestion » des phoques gris, lancée en octobre 2011, le Sénat a entendu les témoignages de plusieurs grands spécialistes canadiens des sciences de la mer. Ils ont expliqué qu’un abattage de phoques gris pourrait avoir des conséquences imprévues et indésirables, que la science ne permet pas de justifier un abattage visant à favoriser le rétablissement des stocks de morue, et que rien n’indique que les stocks de morue en bénéficieraient effectivement.

Dans le cadre d’une étude récente, réalisée conjointement par des scientifiques du ministère des Pêches et des Océans et de l’Université Dalhousie, on a examiné différentes situations d’abattage de prédateurs. Les auteurs ont découvert que dans presque tous les cas où on a éliminé des prédateurs marins, les répercussions ont été nulles ou inconnues sur les stocks de poissons, même dans les cas où on a réduit des populations de phoques de 50 à 80 %

« Abattre des phoques gris est un projet risqué, non-éthique et très coûteux pour donner l’illusion que le gouvernement du Canada agit en faveur du rétablissement des stocks de morue, précisait Fink. En réalité le gouvernement fédéral n’a pratiquement rien fait depuis l’effondrement de la pêche à la morue il y a 20 ans. Au contraire, dans le sud du golfe du Saint-Laurent, Pêches et Océans Canada a presque toujours fixé les quotas de morue à un niveau plus élevé que ce que recommandaient les scientifiques au cours des 10 dernières années. »

Selon un sondage national réalisé par Environics, 73 % des Canadiens s’opposent à ce que le gouvernement finance un abattage de phoques gris.* Le coût d’un abattage de phoques serait extrêmement élevé : 35 millions $ selon une des études réalisées à la demande du gouvernement, plus les répercussions sur la réputation internationale du Canada.

« Cette recommandation d’abattage massif de phoques gris n’est qu’une réponse à court terme pour apaiser l’industrie de la pêche, ajoutait Fink. Il s’agit d’une réaction basée sur les émotions et le désir de gagner des votes – pas sur la science. Si le gouvernement va de l’avant, il va encore une fois être sévèrement critiqué par la communauté internationale pour son manque de respect envers la science et envers l’opinion de la majorité de ses citoyens. »

* Canadiens qui ont une opinion sur la question

 

Notes pour les médias :

  • L’IFAW a publié un rapport intitulé « Abattage massif de phoques gris dans le
  • Canada atlantique : pour ou contre? » Voyez aussi la courte vidéo d’animation « Seals and Fisheries: Look below the surface » qui fait un survol de la question de l’abattage. 
  • Plusieurs scientifiques canadiens de renom ont témoigné devant le Comité sénatorial des pêches et présenté des mises en garde contre les risques et les incertitudes associés à un abattage de phoques gris. Parmi eux : Boris Worm, spécialiste de l’étude des écosystèmes marins, Département de biologie, Université Dalhousie; Sara Iverson, professeure, Département de biologie, Université Dalhousie; Jeff Hutchings, Département de biologie, Université Dalhousie et président du Groupe d’experts de la Société royale du Canada sur le maintien de la biodiversité marine au Canada.
  • La réalisation d’un abattage massif de phoques gris impliquerait probablement de faire feu sur des phoques qui sont dans l’eau, une pratique que plusieurs panels de vétérinaires ont jugé inacceptable parce que le risque de blesser les animaux sans les tuer est élevé. La méthode qui consiste à regrouper les bébés phoques sur les îles côtières pendant la période de mise bas, et à les abattre avec un gourdin, pose aussi des problèmes supplémentaires en matière de bien-être animal.
  • Les coûts financiers pour la réalisation des différents scénarios d’abattage sont élevés. Les estimations précédents variaient entre 15 et 35 millions de dollars ou plus.

Sheryl Fink, la directrice du programme de protection des phoques à l’IFAW, est à Ottawa pour la publication du rapport du Sénat. Elle est disponible pour des entrevues télé, radio, écrites ou en ligne. David Lavigne, conseiller scientifique à l’IFAW, a témoigné devant le comité sénatorial. Il est disponible pour des entrevues téléphoniques.

Pour organiser une entrevue, communiquer avec :

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